Un spritz, c'est trois choses : de l'amertume, des bulles, du froid. L'alcool n'est pas dans la liste — un Aperol titre 11 degrés, c'est-à-dire moins qu'un vin. On peut donc faire un vrai spritz sans alcool, à une condition.
Il faut un apéritif amer sans alcool, jamais un sirop d'orange. C'est l'erreur commise partout, y compris dans beaucoup de bars : le sirop apporte la couleur et le sucre, mais pas la moindre amertume. Le verre devient une limonade orange, joliment présentée, et celui qui ne boit pas comprend tout de suite qu'on lui a servi autre chose que ce que les autres ont.
Second point, moins connu : le rapport change. Le 3-2-1 du spritz classique (3 de bulles, 2 d'apéritif, 1 d'eau) suppose un vin qui apporte du corps. Sans alcool, il faut supprimer l'eau gazeuse ou presque — sinon le verre est creux.
Et l'olive n'est pas une plaisanterie : le sel allonge en bouche.







