Bouillon de volaille parfaitement limpide et doré dans un bol en faïence, avec un chinois, une casserole et un bocal du même bouillon pris en gelée, dans une cuisine de campagne

Base

Bouillon de volaille : départ à l'eau FROIDE, et les légumes seulement à mi-parcours

Une carcasse jetée dans l'eau bouillante se referme sur elle-même. Trois heures plus tard, on obtient de l'eau chaude à peine parfumée, et on croit que c'est normal.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 3 h
  • Repos : Une nuit au frais pour dégraisser
  • Faible
  • Environ 2 litres de bouillon
  • Facile
  • Hiver

Ingrédients

Environ 2 litres de bouillon

Ustensiles

  • marmite haute (haute plutôt que large : moins de surface, moins d'évaporation, et l'écume se rassemble)
  • écumoire (les vingt premières minutes font la limpidité)
  • chinois étamine ou passoire doublée d'un linge (une passoire ordinaire laisse passer les fines particules)
  • louche (pour prélever délicatement : on ne verse jamais une marmite de bouillon, le dépôt du fond suivrait)

L'astuce du chef

Départ à l'eau froide. C'est le point qui distingue un bouillon de tout le reste. Dans l'eau bouillante, les protéines de surface coagulent instantanément et forment une barrière : la carcasse garde son goût pour elle. Dans l'eau froide qui monte lentement, l'extraction se fait tout au long de la montée en température. C'est exactement l'inverse de ce qu'on fait pour un pot-au-feu, où l'on veut une viande savoureuse plutôt qu'un bouillon corsé.

Les légumes seulement à mi-parcours. Une heure et demie leur suffit largement. Trois heures les défont complètement : ils se délitent, troublent le bouillon et libèrent une acidité végétale qui prend le dessus. Les carcasses ont besoin de trois heures, pas les carottes.

Le bouquet garni pour la dernière heure. Même logique, en plus marqué : le laurier infusé trois heures écrase tout le reste. Une heure suffit à parfumer.

Écumer les vingt premières minutes, puis ne plus jamais bouillir. L'écume grise qui monte est faite des protéines coagulées qu'on veut retirer ; si on laisse bouillir, elle se réincorpore et le bouillon devient trouble pour de bon. Un frémissement à peine visible, comme pour le fond brun.

Pas de sel. Le bouillon servira à des risottos, des soupes et des sauces qui réduisent : on sale le plat, jamais la base.

Du poivre en grains, pas moulu. Le poivre moulu se disperse en fines particules qui ne se filtrent plus et donnent un bouillon gris.

Louchez, ne versez pas. Un dépôt s'est formé au fond de la marmite ; en versant, on l'entraîne et trois heures de précaution sont perdues en trois secondes.

Dégraissez à froid le lendemain, le gras fige en plaque et se retire d'un seul tenant.

Préparation pas à pas

  1. Rincer les carcasses 5 min

    Rincez-les à l'eau froide et retirez les poumons et les caillots rouges accrochés le long de l'échine : ce sont eux qui donnent l'écume grise et le goût fort.

  2. Départ à l'eau froide 25 min

    Carcasses dans la marmite, couvrez d'eau froide à hauteur. Montez doucement et écumez sans relâche les 20 premières minutes. Ne salez pas.

  3. Première heure et demie 1 h 30

    Dès que l'eau frémit, baissez au maximum. Une bulle qui monte de temps en temps, jamais l'ébullition. Ne couvrez pas.

  4. Les légumes 1 h

    Ajoutez maintenant carottes, oignons, poireaux, céleri et le poivre en grains. Poursuivez 1 heure au même frémissement.

  5. Le bouquet garni 30 min

    Ajoutez le bouquet garni pour les 30 à 60 dernières minutes seulement. Au-delà, le laurier prend toute la place.

  6. Passer et dégraisser 15 min

    Louchez le bouillon dans un chinois étamine, sans jamais verser la marmite. Refroidissez vite, puis une nuit au frais : le gras se retire en plaque.

Le conseil du caviste

Un bouillon ne se marie pas, il fabrique les plats qui se marient : risottos, veloutés, blanquettes, sauces de volaille. Mais il y a un usage où le vin entre directement, et il mérite qu'on s'y arrête.

Le risotto. On déglace le riz au vin blanc avant la première louche de bouillon, et ce vin reste dans le plat du début à la fin. Le Sémillon de Moulin Caresse y est parfait : assez rond pour ne pas acidifier, assez franc pour se faire sentir.

Pour une blanquette ou une volaille à la crème, le Château La Verrière blanc sec apporte la tension qui évite à la sauce crémée de devenir plate.

Pour un simple bouillon servi tel quel (et c'est une belle entrée d'hiver, avec quelques légumes taillés fin), le Villa Dria Jardin Secret est franc et aromatique, servi à 10 °C.

La règle qui vaut pour tout : le vin de cuisson doit être buvable. Il ne disparaît pas à la cuisson, il se concentre, y compris ses défauts.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Villa Dria Jardin Secret Côtes de GascogneVilla Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne 8,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le bouillon n'a aucun goût

Il est parti à l'eau chaude. Les protéines de surface ont coagulé aussitôt et fait barrage : départ à l'eau froide, montée lente.

Il est trouble

Il a bouilli, ou il a été versé plutôt que louché. Frémissement à peine visible, écumage soutenu au départ, et on prélève à la louche en laissant le dépôt au fond.

Il a un goût végétal acide

Les légumes ont cuit trois heures et se sont défaits. Ils entrent à mi-parcours : une heure et demie leur suffit.

Le laurier domine tout

Le bouquet garni est resté trop longtemps. Il n'entre que pour la dernière demi-heure ou la dernière heure.

Il est gris et il a une odeur forte

Les poumons et les caillots n'ont pas été retirés des carcasses. Un rinçage soigneux avant de commencer change tout.

Le plat fini est trop salé

Le bouillon avait été salé. Il sert à des préparations qui réduisent : on sale le plat, jamais la base.

Conservation & préparation anticipée

Quatre jours au réfrigérateur, la plaque de gras laissée en surface : elle protège le bouillon de l'air. Retirez-la seulement au moment de vous en servir.

Trois mois au congélateur. Congelez-en une partie en bacs à glaçons pour les petits besoins, et une partie en portions de 50 cl pour une soupe ou un risotto.

Refroidissez-le vite. Un bouillon tiède laissé des heures sur le plan de travail est le milieu de culture idéal. Posez la casserole dans l'évier rempli d'eau froide, puis au frais dès qu'il est tiède.

Un bouillon rebouilli se reconserve : cinq minutes d'ébullition et il repart pour trois jours. C'est la méthode des cuisines d'avant le réfrigérateur, et elle est toujours valable.

Ne jetez pas les carcasses cuites tout de suite : pressées à la main dans le chinois, elles rendent encore une louche de bouillon très parfumé, mais réservez-la aux soupes, car elle est trouble.

Variantes

Bouillon brun de volaille

Les carcasses rôties à 220 °C avant de mouiller, comme pour un fond brun. Plus coloré, plus profond, parfait sur une volaille rôtie.

Consommé clarifié

Le bouillon clarifié aux blancs d'œufs et à la viande hachée, qui emprisonnent les particules en formant un radeau. C'est la version de gala.

Bouillon asiatique

Gingembre, ail écrasé et échalote brûlée ajoutés à mi-parcours. La base d'un pho ou d'une soupe de nouilles.

Bouillon de pot-au-feu

Attention, la logique s'inverse : pour un pot-au-feu, la viande part à l'eau bouillante, parce qu'on veut une viande savoureuse plutôt qu'un bouillon corsé.

Questions fréquentes

Faut-il partir à l'eau froide ou à l'eau chaude ?

À l'eau froide, toujours, pour un bouillon. L'eau bouillante coagule instantanément les protéines de surface, qui font barrage : la carcasse garde son goût pour elle.

Quand ajouter les légumes ?

À mi-parcours, soit après une heure et demie. Trois heures les défont entièrement : ils troublent le bouillon et libèrent une acidité végétale.

Pourquoi mon bouillon est-il trouble ?

Il a bouilli, ou il a été versé au lieu d'être louché. Frémissement à peine visible, écumage les vingt premières minutes, et on laisse le dépôt au fond de la marmite.

Faut-il saler le bouillon ?

Non. Il servira à des risottos, des soupes et des sauces qui réduisent : on sale le plat fini, jamais la base.

Combien de temps cuire un bouillon de volaille ?

3 heures à frémissement. Au-delà, on n'extrait plus rien et le bouillon commence à prendre un goût de réchauffé.

Quelles parties de la volaille utiliser ?

Les carcasses, et surtout les ailerons et les cous : ce sont eux qui portent les articulations, donc la gélatine et la tenue.

Il y a une différence de méthode entre un bouillon et un pot-au-feu, et elle tient à ce qu'on cherche. Dans un pot-au-feu, on veut une viande savoureuse : on la plonge dans l'eau bouillante pour que les protéines de surface coagulent aussitôt et retiennent le goût à l'intérieur. Pour un bouillon, c'est exactement l'inverse : on veut tout faire sortir. On part donc à l'eau froide, qui pénètre lentement et extrait sans jamais former cette barrière. Une carcasse jetée dans l'eau bouillante se referme en dix secondes, et aucune des trois heures qui suivent ne rattrapera ce départ.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Villa Dria Jardin Secret Côtes de GascogneVilla Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne 8,50 €

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