Le chaï en sachet et le chaï maison ne se ressemblent pas, et l'écart ne vient pas du thé. Il vient d'un geste de trente secondes que personne ne fait : torréfier les épices à sec dans la casserole avant d'ajouter l'eau.
Les huiles essentielles de la cardamome, de la cannelle et du poivre sont volatiles. Chauffées à sec sur une surface brûlante, elles se libèrent d'un coup — on le sent immédiatement, la pièce change d'odeur. Jetées directement dans l'eau, elles se diffusent lentement et partiellement.
Deuxième règle : le thé sort au bout de trois minutes. C'est l'erreur la plus commune, parce qu'on laisse infuser en faisant autre chose. Au-delà, le tanin de l'Assam sort et rend le chaï astringent, ce que ni le lait ni le sucre ne rattrapent.
Le lait entre en dernier. Ajouté plus tôt, ses protéines se lient aux tanins et freinent l'extraction, des épices comme du thé. C'est aussi pour ça qu'on le fouette au moment de le remonter à frémissement : c'est ce qui fait la mousse.








