On allonge un vin rouge de trois façons : avec du sucre (limonade, cola), avec de l'eau (gazeuse), ou avec de l'amer. La troisième est la moins connue et de loin la plus intéressante à l'apéritif.
La quinine du tonic ne dilue pas le vin, elle lui ajoute une dimension. Son amertume rencontre le tanin et les deux se prolongent au lieu de se battre — c'est le même principe qui fait marcher un Americano ou un Negroni, où l'amer structure au lieu d'agresser.
Le résultat est un verre sec, léger, autour de 7 degrés, qu'on peut servir en apéritif devant des olives ou de la charcuterie. C'est une boisson d'adulte, pas une boisson rafraîchissante — la différence avec le vin limé est nette.
Et contrairement au vin limé, ici le vin peut avoir du caractère. Un rouge un peu tannique fonctionne très bien, puisqu'il n'y a pas de sucre pour se cabrer contre lui. C'est même la version qui supporte le mieux un vin de garde un peu austère.







