Dans le Sud-Ouest, on l'appelle le vin limé ou simplement le « rouge limonade ». C'est ce qu'on sert aux repas de famille à ceux qui trouvent le vin trop fort, et personne ne s'est jamais dit que c'était une recette — d'où le fait qu'on ne la trouve nulle part.
Elle mérite pourtant d'être faite correctement, parce qu'il y a une vraie erreur possible : prendre un beau vin. Plus le vin est tannique et structuré, plus le résultat est mauvais. Le sucre de la limonade et le tanin se battent, et l'ensemble devient âpre et poussiéreux — la même sensation crayeuse qu'un vin tannique mélangé à de la châtaigne.
Ce qu'il faut, c'est un rouge léger, fruité et sans bois, servi frais à 12 °C. La limonade vient alors le prolonger au lieu de lutter contre lui, et on obtient une boisson désaltérante à 6 ou 7 degrés.
Le rapport est de deux tiers de vin pour un tiers de limonade. Beaucoup de gens font moitié-moitié et obtiennent une limonade roseée où le vin a disparu — ce n'est plus la même boisson.







