Le vin de pêche ne se fait pas avec des pêches. C'est la première chose à dire, parce qu'elle surprend tout le monde : on macère les feuilles de pêcher, cueillies à l'automne quand elles commencent à jaunir.
Ce qu'elles apportent n'est pas un goût de pêche mais un goût de noyau — amande amère, presque frangipane. C'est le même composé qu'on trouve dans les noyaux d'abricot et dans l'amaretto, et c'est ce qui rend cet apéritif si reconnaissable dans le Sud-Ouest et en Provence, où chaque famille a sa proportion.
Deux points de bon sens. Les feuilles doivent venir d'un arbre non traité : on les macère telles quelles, sans les laver à grande eau, et tout ce qui est sur la feuille finit dans la bouteille. Si vous n'avez pas de pêcher de confiance, ne faites pas cette recette.
Et on ne dépasse pas les quantités. Les feuilles de pêcher contiennent naturellement des hétérosides cyanogénétiques, comme les noyaux d'abricot ou les amandes amères. Aux doses traditionnelles — une centaine de feuilles pour 5 litres, quarante jours — c'est un apéritif qu'on boit depuis des générations. Ce n'est pas une recette où doubler la dose améliore quoi que ce soit, et ce n'est pas une boisson qu'on sert aux enfants ni aux femmes enceintes.







