L'espresso tonic est venu des cafés scandinaves il y a une dizaine d'années et il s'est installé partout, pour une raison simple : c'est l'un des rares verres sans alcool qui ait une vraie amertume d'adulte. Il n'y a rien de sucré à masquer, rien d'enfantin — juste du café, de la quinine et du gaz.
La règle est dans l'ordre : le tonic d'abord, l'espresso en dernier. Versé sur le café, le tonic mousse violemment et le verre se mélange en gris trouble. Versé sur le tonic, doucement, l'espresso reste en surface en une couche brune nette au-dessus du clair — c'est cette image qui a fait le succès du verre, et elle se boit dans cet ordre : l'amertume du café d'abord, la fraîcheur ensuite.
Deuxième point, souvent manqué : l'espresso doit refroidir quelques secondes avant d'être versé. Brûlant, il fait fondre la glace d'un coup et chasse le gaz.
Et il faut un tonic sec.







