Grand verre rempli de glace et de tonic clair, surmonté d'une couche brune d'espresso flottant, zeste d'orange sur le bord, sur une ardoise noire dans un bar chic

Sans alcool · Tonic d'abord, espresso refroidi quelques secondes et versé en dernier

Espresso tonic

Le café dans le tonic, et non l'inverse. Deux ingrédients, aucun alcool, et un ordre de versement qui décide de tout : c'est le dégradé brun sur clair qui signe le verre réussi.

  • Préparation : 3 min
  • Verre : Grand verre droit, rempli de glaçons jusqu'en haut
  • Glace : Gros glaçons, le verre plein à ras
  • Tonic d'abord, espresso refroidi quelques secondes et versé en dernier
  • 1 grand verre
  • Très facile
  • Toute l'année

Ingrédients

1 grand verre

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • grand verre droit (transparent : tout l'intérêt est de voir les deux couches)
  • cuiller à mélange (uniquement pour verser l'espresso sur son dos, jamais pour remuer)
  • économe

La méthode

Trois minutes, et trois points où le verre se gagne ou se perd.

Le verre plein de glace. Ce n'est pas du confort : c'est la masse froide qui maintient la séparation des couches. Un espresso versé sur trois glaçons dans un grand verre chauffe le tonic, se mélange par convection et le dégradé disparaît en quinze secondes. Le verre plein à ras tient plusieurs minutes.

Le tonic d'abord. La raison est physique : l'espresso est moins dense que le tonic sucré, il flotte donc naturellement dessus si on l'y dépose. Dans l'autre sens, c'est le tonic gazeux qui tombe dans le café, et le gaz qui se libère brasse tout — on obtient un liquide gris uniforme et plat.

L'espresso refroidi vingt secondes. Un espresso sort à plus de 65 °C. Versé tel quel, il fait fondre la glace de surface, chauffe localement le tonic et libère son gaz d'un coup. Vingt secondes dans la tasse suffisent à le faire descendre assez.

Et on le verse sur le dos d'une cuiller tenue à la surface du tonic, exactement comme la crème d'un Irish Coffee. C'est ce qui donne la ligne nette.

Le tonic doit être sec. Un tonic très sucré fait deux dégâts : il ajoute du sucre à un verre qui n'en veut pas, et il est plus dense, donc la séparation tient moins bien. On cherche la quinine, qui joue avec l'amertume du café sans lui ressembler.

Le zeste d'orange enfin : pressé au-dessus du verre, il fait le lien entre les deux amertumes. Ce n'est pas décoratif ; sans lui, le verre est plus dur.

Préparation pas à pas

  1. Remplir de glace 15 s

    Glaçons jusqu'en haut du verre. C'est la masse froide qui tiendra la séparation des couches.

  2. Le tonic 20 s

    15 cl de tonic sec bien froid, versés doucement le long de la paroi pour garder le gaz.

  3. Tirer l'espresso 30 s

    Un espresso court et serré, 3 cl.

  4. Le laisser refroidir 20 s

    Vingt secondes dans la tasse. Brûlant, il ferait fondre la glace et chasserait le gaz.

  5. Verser sur le dos d'une cuiller 15 s

    Cuiller tenue à la surface du tonic, espresso versé dessus très lentement. La couche brune se pose.

  6. Le zeste 15 s

    Pressez un large zeste d'orange au-dessus du verre. On sert sans remuer.

Le conseil du caviste

Ce n'est pas un cocktail de caviste, et c'est justement pour ça que j'y tiens. Il y a toujours quelqu'un à table qui ne boit pas d'alcool — conducteur, femme enceinte, ou simplement quelqu'un qui n'en a pas envie — et le répertoire sans alcool est plein de choses sucrées. L'espresso tonic est franchement amer, adulte et sans une once de sucre ajouté. C'est le seul verre que je connaisse qu'on puisse tendre à quelqu'un en fin de repas sans qu'il ait l'impression de recevoir un jus de fruit.

Sur le tonic : prenez-en un sec, avec une vraie quinine. C'est l'ingrédient principal du verre en volume, et l'écart entre un tonic industriel très dosé et un tonic artisanal peu sucré est énorme ici, où rien ne vient le masquer. Un tonic à la gentiane, si vous en trouvez, pousse encore l'amertume et donne une version très aboutie.

Sur le café : un espresso fruité et acidulé, du type Afrique de l'Est, donne le meilleur résultat — ses notes d'agrume et de fruits rouges rencontrent la quinine et c'est là que le verre devient intéressant. Un café très torréfié, italien classique, donne quelque chose de plus lourd et de plus chocolaté, qui se marie moins bien.

Quand le servir : fin de matinée ou milieu d'après-midi, quand un café chaud serait trop et une limonade pas assez. Il tient aussi très bien à la place du café après un déjeuner d'été.

Et si vous voulez la version alcoolisée : trois centilitres de liqueur de café dans le tonic avant l'espresso. C'est un autre verre, plus sucré, mais il a ses partisans.

Dépannage

Le verre est gris et uniforme

Le tonic a été versé sur le café. C'est l'inverse : le tonic d'abord, l'espresso déposé dessus sur le dos d'une cuiller.

Les couches se mélangent tout de suite

L'espresso était brûlant, ou il n'y avait pas assez de glace. Vingt secondes de refroidissement, et le verre plein à ras.

Ça ne pétille plus

Même cause : la chaleur du café libère le gaz d'un coup. Et le tonic se verse doucement le long de la paroi.

C'est trop sucré

Le tonic était un tonic dosé. Ce verre n'a aucun sucre ajouté : tout le sucre vient du tonic, donc il en faut un sec.

C'est dur, agressif

Il manque le zeste d'orange. Pressé au-dessus du verre, il fait le pont entre l'amertume du café et celle de la quinine.

Le café a un goût de brûlé

Un espresso très torréfié durcit à froid. Un café fruité et acidulé est bien meilleur ici.

Préparer à l'avance

Se fait au verre et se boit dans les minutes qui suivent : les couches se fondent et le gaz s'en va.

Rien ne se prépare à l'avance ici — un espresso refroidi longtemps s'oxyde et prend un goût métallique. Si vous en servez plusieurs, tirez les cafés au fur et à mesure : trois minutes par verre, ce n'est pas grand-chose.

Une bouteille de tonic entamée ne tient pas la nuit : préférez les petits formats si vous n'en faites qu'un ou deux.

Variantes

Au tonic à la gentiane

Un tonic gentiane-gingembre à la place du classique. L'amertume racinaire s'ajoute à celle du café : la version la plus sèche et la plus aboutie.

Espresso tonic à l'orange

Deux centilitres de jus d'orange pressé dans le tonic avant l'espresso. Plus rond, plus accessible.

Version alcoolisée

3 cl de liqueur de café dans le tonic avant l'espresso. Plus sucré et plus long — un autre verre, mais il a ses partisans.

Au café infusé à froid

6 cl de café infusé à froid à la place de l'espresso. Beaucoup moins acide et sans risque de choc thermique — la version pour servir plusieurs verres d'affilée.

Questions fréquentes

Faut-il verser le café ou le tonic en premier ?

Le tonic d'abord, l'espresso en dernier. L'espresso est moins dense que le tonic et flotte naturellement dessus si on l'y dépose sur le dos d'une cuiller. Dans l'autre sens, le gaz qui se libère brasse tout et le verre devient gris et plat.

Pourquoi laisser refroidir l'espresso ?

Parce qu'il sort à plus de 65 °C : versé brûlant, il fait fondre la glace de surface, chauffe le tonic et libère son gaz d'un coup. Vingt secondes dans la tasse suffisent.

Quelles proportions pour un espresso tonic ?

Un espresso court de 3 cl pour 15 cl de tonic, sur un verre rempli de glaçons à ras. Un café long noierait le verre et ferait disparaître la couche brune.

Quel café pour un espresso tonic ?

Un café fruité et acidulé, du type Afrique de l'Est : ses notes d'agrume rencontrent la quinine et c'est là que le verre devient intéressant. Un café très torréfié donne quelque chose de plus lourd.

L'espresso tonic contient-il de l'alcool ?

Non, aucun, et aucun sucre ajouté non plus. C'est l'un des rares verres sans alcool franchement amers — ce qui en fait le meilleur à tendre à quelqu'un qui ne boit pas, plutôt qu'un jus de fruit.

L'espresso tonic est venu des cafés scandinaves il y a une dizaine d'années et il s'est installé partout, pour une raison simple : c'est l'un des rares verres sans alcool qui ait une vraie amertume d'adulte. Il n'y a rien de sucré à masquer, rien d'enfantin — juste du café, de la quinine et du gaz.

La règle est dans l'ordre : le tonic d'abord, l'espresso en dernier. Versé sur le café, le tonic mousse violemment et le verre se mélange en gris trouble. Versé sur le tonic, doucement, l'espresso reste en surface en une couche brune nette au-dessus du clair — c'est cette image qui a fait le succès du verre, et elle se boit dans cet ordre : l'amertume du café d'abord, la fraîcheur ensuite.

Deuxième point, souvent manqué : l'espresso doit refroidir quelques secondes avant d'être versé. Brûlant, il fait fondre la glace d'un coup et chasse le gaz.

Et il faut un tonic sec.

Avant de partir

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