Dans un café français, une bière blonde change de nom selon ce qu'on met dedans. Panaché avec de la limonade. Monaco avec de la limonade et de la grenadine. Tango avec de la grenadine seule.
La confusion entre le Monaco et le Tango est constante, y compris derrière les comptoirs. Elle vaut pourtant la peine d'être levée, parce que ce ne sont pas du tout les mêmes verres : le Monaco est allongé, sucré, léger — c'est une limonade rouge à la bière. Le Tango, lui, reste une bière. Il garde son degré, son amertume et son gaz ; la grenadine ne fait qu'arrondir les angles et donner la couleur.
La seule technique tient en deux points. Un centilitre de grenadine, pas trois : c'est un sirop très concentré et il devient écœurant en un rien de temps. Et il va au fond du verre vide, avant la bière — versé dessus, il tombe en filet, tue la mousse et il faut remuer.
Et il faut une vraie blonde, pas une IPA.







