Mug en verre de jus de pomme chaud épicé doré, bâton de cannelle dedans et pomme posée à côté, sur un comptoir de marbre veiné

Mocktail · Jus trouble, 70 °C sans bouillir, citron ajouté APRÈS l'infusion

Jus de pomme chaud aux épices

Le vin chaud de ceux qui ne boivent pas. Ce n'est pas un pis-aller : bien fait, avec un jus trouble et le citron ajouté après l'infusion, c'est meilleur qu'un mauvais vin chaud.

  • Préparation : 5 min + 20 min d'infusion
  • Verre : Verre ou mug à anse, avec une lamelle de pomme fraîche dedans
  • Jus trouble, 70 °C sans bouillir, citron ajouté APRÈS l'infusion
  • 4 verres
  • Facile
  • Automne

Ingrédients

4 verres

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • casserole à fond épais
  • couvercle (l'infusion se fait couverte)
  • passoire fine
  • 4 verres ou mugs à anse

La méthode

Une boisson sans alcool ne se juge pas à ce qu'elle imite mais à ce qu'elle a. Ici, ce qui lui manque naturellement, c'est la tension — et trois choses la lui donnent.

Le jus trouble. C'est le point le plus important et le moins coûteux. Un jus de pomme fermier non filtré contient de la pulpe en suspension, qui apporte de la matière, une légère astringence et un vrai goût de fruit. Un jus clarifié, même haut de gamme, est essentiellement du sucre parfumé. La bouteille coûte deux euros de plus et change entièrement le résultat.

La température. 70 °C, la surface fume et rien ne frémit. Il n'y a pas d'alcool à préserver ici, mais deux autres raisons subsistent : les épices bouillies deviennent franchement amères, et un jus de pomme porté à ébullition prend un goût de compote cuite qui remplace le fruit frais.

Le citron, après. C'est la règle qu'on transgresse le plus souvent, par simplicité : on met tout ensemble et on chauffe. Mais l'acide citrique perd son mordant à la chaleur prolongée, et c'est précisément ce mordant qui empêche la boisson d'être douce et lassante. Une cuillerère à soupe, feu coupé, après les vingt minutes d'infusion.

Enfin, le gingembre. Trois rondelles suffisent à donner la sensation de chaleur qu'on cherche en octobre. Il ne s'agit pas de le goûter mais de le sentir en fond de gorge — au-delà de cinq rondelles, il prend toute la place.

Préparation pas à pas

  1. Monter la casserole 3 min

    Versez le litre de jus de pomme trouble avec les rondelles d'orange, la cannelle, la badiane, les clous de girofle et le gingembre.

  2. Chauffer à 70 °C 6 min

    Feu doux. Arrêtez dès que la surface fume, avant tout frémissement : bouilli, le jus prend un goût de compote cuite.

  3. Infuser 20 min

    Feu coupé, couvercle posé, vingt minutes.

  4. Le citron 1 min

    Ajoutez la cuillerée de jus de citron maintenant, hors du feu. C'est ce qui empêche la boisson d'être simplement sucrée.

  5. Servir 2 min

    Filtrez, réchauffez doucement si nécessaire sans frémir, et servez avec une lamelle de pomme fraîche dans chaque verre.

Le conseil du caviste

Cherchez un pur jus de pomme fermier, trouble, non filtré — celui qu'il faut secouer avant de verser. C'est la seule ligne de cette recette sur laquelle il ne faut pas économiser, et elle coûte de toute façon deux euros de plus. Un jus clarifié donne une boisson sucrée sans corps, et aucune épice ne rattrape ça.

Si vous voulez en faire une version pour adultes qui reste sans alcool, un trait de spiritueux sans alcool au gingembre ajouté dans le verre au moment de servir fonctionne très bien : il apporte le piquant et la longueur qui manquent toujours aux boissons chaudes sans alcool, sans rien changer à la préparation. Deux centilitres par verre, versés hors du feu.

Un tonic à la gentiane et au gingembre, servi à côté et allongé sur glace, fait aussi un très bon second verre pour ceux qui ne boivent pas — l'amertume de la gentiane est ce qui se rapproche le plus, en sans-alcool, de ce que le vin apporte.

Dernière chose, pour recevoir : c'est la boisson à servir à côté du vin chaud, dans la même cocotte et les mêmes verres. Posée sur une desserte à part, elle devient la boisson de ceux qui ne boivent pas ; posée à côté, elle devient un choix.

Dépannage

C'est juste sucré, sans intérêt

Le jus de citron a été oublié, ou ajouté avant l'infusion. Une cuillerée à soupe, feu coupé, après les vingt minutes.

Ça a un goût de compote cuite

Le jus a bouilli. 70 °C : la surface fume, rien ne frémit.

Ça manque de corps

C'était un jus clarifié. Il faut un jus trouble non filtré : c'est la pulpe qui porte le goût et la texture.

C'est amère

Les épices ont bouilli, ou les rondelles d'orange sont restées dedans après l'infusion. Filtrez systématiquement.

Préparer à l'avance

Filtré, il se garde trois jours au réfrigérateur et se réchauffe doucement, toujours sans frémir. Non filtré, la badiane et le girofle continuent d'infuser et dominent en une nuit. Sur une longue après-midi, maintenez-le en mijoteuse en position « maintien au chaud » plutôt que sur une plaque — une plaque le fera bouillir sans prévenir, et il perdra son fruit.

Variantes

Pomme et poire

Moitié jus de pomme, moitié nectar de poire, et deux badianes au lieu d'une. Plus doux, plus rond — et il faut alors monter le citron à deux cuillerées.

Version adulte sans alcool

2 cl de spiritueux sans alcool au gingembre par verre, versés hors du feu. Ça apporte le piquant et la longueur qui manquent aux boissons chaudes sans alcool.

Pour vingt personnes

5 litres dans une grande cocotte, le double d'épices et cinq cuillerées de citron après l'infusion. Servez-la à côté du vin chaud, même cocotte, mêmes verres.

Questions fréquentes

Comment faire un vin chaud sans alcool ?

Avec du jus de pomme trouble plutôt qu'avec du vin désalcoolisé : orange, cannelle, badiane, girofle et gingembre, chauffés à 70 °C puis infusés vingt minutes à couvert, feu coupé. Et une cuillerée de jus de citron ajoutée après l'infusion.

Pourquoi ajouter le citron après l'infusion ?

Parce que l'acide citrique perd son mordant à la chaleur prolongée, et que c'est précisément ce mordant qui empêche la boisson d'être simplement douce. Une cuillerée à soupe, feu coupé.

Quel jus de pomme choisir ?

Un pur jus fermier trouble et non filtré, de ceux qu'il faut secouer avant de verser. La pulpe en suspension porte le goût et la texture ; un jus clarifié n'apporte que du sucre.

Faut-il faire bouillir le jus de pomme ?

Non. Même sans alcool à préserver, l'ébullition rend les épices amères et donne au jus un goût de compote cuite. 70 °C, la surface fume et rien ne frémit.

C'est la boisson sans alcool la plus cherchée de l'automne français, et elle est presque toujours mal faite : du jus de pomme industriel bouilli avec une cuillerée de cannelle en poudre. Le résultat est sucré, plat, et donne raison à ceux qui trouvent que le sans-alcool est ennuyeux.

Trois décisions changent tout. Un jus de pomme trouble, non filtré, de ceux qui déposent au fond de la bouteille : c'est la pulpe qui porte le goût et la texture. Un jus clarifié, transparent et ambré, n'apporte que du sucre.

70 °C, pas d'ébullition. Même sans alcool à préserver, la règle tient : les épices bouillies deviennent amères, et le jus prend un goût de compote cuite qui écrase le fruit frais.

Et surtout, le jus de citron après l'infusion, jamais avant. C'est lui qui empêche la boisson d'être simplement douce — et son mordant disparaît s'il chauffe vingt minutes avec le reste. Une cuillerée à soupe, ajoutée feu coupé, et la différence est immédiate.

Avant de partir

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