Personne ne sait quoi faire d'un coing. Il est dur comme du bois, âpre à en être immangeable cru, et il embaume toute la pièce où on le pose. C'est exactement ce qui en fait un ingrédient remarquable une fois cuit : ce parfum-là passe intégralement dans un sirop.
Le geste qui compte va contre toutes les habitudes de cuisine : on ne pèle pas et on n'épépine pas. La peau porte l'essentiel des composés aromatiques, et les pépins sont extrêmement riches en pectine — c'est elle qui donne au sirop sa tenue légèrement sirupeuse, celle qui nappe le verre. Un coing pelé et évidé donne de l'eau sucrée.
On frotte simplement le duvet gris qui recouvre la peau, sous l'eau, avec un torchon. C'est tout ce qu'il faut retirer.
Deuxième règle : filtrer sans presser. Quarante minutes de cuisson douce ont dissous ce qu'il fallait ; presser la chair ne fait que faire passer de la pulpe qui rendra le sirop trouble et pâteux. On laisse couler.
Et gardez les quartiers cuits : avec un peu de leur sirop, ils font une compote de coing remarquable, et ce serait dommage de les jeter.







