On sert du pruneau d'Agen à l'armagnac depuis toujours dans le Sud-Ouest, et jamais autrement. C'est dommage, parce que le fruit seul a tout ce qu'il faut : du sucre naturel, une acidité discrète, et surtout une densité que presque aucun autre fruit ne donne en boisson.
Le geste est simple : on réhydrate les pruneaux dans du thé noir chaud plutôt que dans l'eau. Le thé apporte le tanin, donc la longueur, et son amère équilibre le sucre du fruit séché. Vingt minutes suffisent : les pruneaux gonflent, le thé se charge, et on mixe le tout ensemble.
Le jus de deux oranges vient ensuite. Il apporte l'acidité vive qui manque au pruneau et éclaircit la couleur — sans lui, la boisson est franchement lourde.
Point important sur la tenue : la base s'épaissit en refroidissant. On la rallonge à l'eau gazeuse au moment de servir, verre par verre, jamais à l'avance en pichet — sinon on obtient une masse dense au fond et de l'eau au-dessus.







