Le grog est une des rares boissons où tout se joue en trente secondes, et où deux détails invisibles font la différence entre un bon verre et de l'eau chaude alcoolisée.
Le premier : ébouillanter le verre. Un verre à température ambiante absorbe assez de chaleur pour faire perdre une dizaine de degrés à la boisson en une demi-minute. Trente secondes d'eau chaude dedans, qu'on vide, et le grog reste chaud dix minutes de plus. C'est gratuit.
Le second : de l'eau frémissante, pas bouillante. À 100 °C, l'alcool du calvados s'évapore immédiatement — on le sent au nez, ça pique — et le miel perd ses arômes les plus fins. Autour de 80 °C, tout reste dans le verre.
Le reste est une question de choix : du calvados à la place du rhum, du miel de sarrasin à la place du miel neutre, et deux lamelles de pomme séchée qui se réhydratent doucement pendant qu'on boit. C'est le grog du Nord-Ouest plutôt que celui des Antilles.







