Le Sgroppino est vénitien, il se sert à la fin d'un repas, et son nom vient du dialecte : sgropin, « qui dénoue ». C'est un digestif déguisé en dessert — sorbet au citron, une larme de vodka, du vin pétillant, le tout fouetté en une mousse dense et glacée.
La faute qui ruine ce verre est de le passer au blender. Les pales cisaillent les bulles et les chassent en quelques secondes ; il faut aussi ajouter du liquide pour que ça tourne, et on obtient une soupe de sorbet fondu. Le Sgroppino se monte au fouet, à la main, dans un bol froid — comme une chantilly.
Deuxième règle, liée à la première : les bulles arrivent en dernier et par petites quantités, versées en filet pendant qu'on fouette. Tout d'un coup, elles font mousser puis retomber le mélange, qui ne remonte plus.
Et le sorbet doit être très froid mais souple — deux minutes hors du congélateur, pas dix.







