Mug en verre de vin chaud blanc doré et fumant, badiane et lamelle de poire en surface, sur une ardoise noire au comptoir d'un bar chaleureux

Cocktail · 70 °C sans frémissement, puis 25 minutes d'infusion à couvert, feu coupé

Vin chaud blanc à la poire et à la badiane

Le vin chaud qu'on peut boire deux fois. Blanc sec, poire Conférence et badiane : clair, parfumé, sans la lourdeur du rouge sucré. Six verres, vingt-cinq minutes d'infusion, et la règle des 70 °C.

  • Préparation : 5 min + 25 min d'infusion
  • Verre : Verre ou mug à anse ; le verre à pied ne se tient pas quand il est brûlant
  • 70 °C sans frémissement, puis 25 minutes d'infusion à couvert, feu coupé
  • 6 verres — une bouteille de 75 cl
  • Facile
  • Automne

Ingrédients

6 verres — une bouteille de 75 cl

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Ustensiles

  • casserole à fond épais
  • couvercle (l'infusion se fait couverte, sinon les arômes partent avec la vapeur)
  • économe (pour lever le zeste sans emporter le blanc de la peau)
  • passoire fine
  • 6 verres ou mugs à anse

La méthode

Trois choses font la différence, et aucune n'est difficile.

La température d'abord. 70 °C : la surface fume, rien ne bouge. C'est encore plus important sur un blanc que sur un rouge, parce qu'un vin blanc n'a pas de tanin ni de matière pour compenser — il n'a que ses arômes, et ce sont exactement eux qui partent avec l'alcool dès 78 °C. Un vin chaud blanc qui a bouilli n'a plus de goût du tout, alors qu'un rouge qui a bouilli a encore sa matière.

Le choix des épices ensuite. On garde la badiane et la cannelle, on supprime le clou de girofle et la muscade. Ces deux-là sont faits pour tenir tête à un vin rouge tannique ; sur un blanc, ils prennent toute la place et il ne reste plus que l'épice. La badiane, elle, a un côté anisé et fruité qui prolonge la poire au lieu de la couvrir.

La poire enfin, et c'est le vrai point technique. Elle doit être mûre — c'est-à-dire qu'elle cède sous le pouce au niveau du col — et coupée en quartiers avec la peau, qui porte une bonne partie du parfum. Vingt-cinq minutes d'infusion à feu éteint, c'est cinq de plus que pour un vin chaud classique, parce que la poire est un fruit lent : elle ne donne rien pendant les dix premières minutes.

Et si vous ajoutez l'eau-de-vie de poire, c'est hors du feu, après le filtrage. Versée pendant la chauffe, elle s'évapore et vous aurez payé pour rien.

Préparation pas à pas

  1. Le miel 2 min

    Faites fondre les 40 g de miel dans 10 cl de vin blanc, à feu très doux, en remuant jusqu'à dissolution complète.

  2. Le montage 3 min

    Ajoutez le reste du vin, les poires en quartiers avec leur peau, les deux badianes, la cannelle et le zeste de citron.

  3. La montée à 70 °C 8 min

    Feu doux, et arrêtez dès que ça fume. Pas une bulle : sur un blanc, la moindre ébullition coûte tout le parfum du vin.

  4. L'infusion 25 min

    Feu coupé, couvercle posé, vingt-cinq minutes. Cinq de plus qu'un vin chaud classique : la poire ne donne rien avant la dixième minute.

  5. Le service 3 min

    Réchauffez doucement sans frémir, filtrez, ajoutez l'eau-de-vie de poire hors du feu si vous en mettez, et glissez un quartier de poire frais au fond de chaque verre.

Le conseil du caviste

Un blanc sec et aromatique, et l'accent est sur aromatique. Un Sauvignon du Bergeracois ou un blanc de Montravel ont ce qu'il faut : du fruit exubérant, de la fraîcheur, et assez de caractère pour qu'on entende encore le vin sous la badiane. Un blanc neutre disparaît complètement et vous obtiendrez une infusion sucrée.

Le piège, c'est le moelleux. On se dit qu'un vin chaud étant sucré, autant partir d'un vin qui l'est déjà. C'est une erreur : avec les 40 g de miel par-dessus, un Monbazillac ou un Côtes de Montravel moelleux donnent une boisson qu'on ne finit pas. Le sucre de la recette est calibré pour un vin sec.

Ne montez pas en gamme non plus. Ce qui fait le prix d'un beau blanc — sa longueur, sa tension, son élevage — est exactement ce que la chauffe efface en premier. Une bouteille à huit ou neuf euros fait un meilleur vin chaud qu'une bouteille à vingt-cinq, et c'est vrai sans exception.

Dernière chose : gardez le bouchon. Si vous ne servez pas les six verres, filtrez et remettez en bouteille — il se garde trois jours et se réchauffe très bien. C'est un vin chaud qu'on peut faire le dimanche après-midi et finir le mardi soir.

Dépannage

On ne sent pas la poire

Les poires étaient fermes. Elles doivent céder sous le pouce au niveau du col, et rester avec leur peau, qui porte une bonne part du parfum.

Le vin chaud n'a plus aucun goût de vin

Il a bouilli. Sur un blanc, l'ébullition emporte tout : il n'y a ni tanin ni matière pour compenser. 70 °C, la surface fume et rien ne bouge.

C'est trop sucré

Le vin de départ était un moelleux. La recette est calibrée pour un blanc sec ; avec un moelleux, supprimez le miel entièrement.

C'est amer

Le zeste de citron a été levé avec le blanc de la peau, ou il y avait deux zestes au lieu d'un. Une seule lanière, prise à l'économe, très fine.

Préparer à l'avance

Filtré, il se garde trois jours au réfrigérateur dans une bouteille fermée et se réchauffe doucement, toujours sans frémir. Non filtré, la badiane continue d'infuser et prend toute la place en une nuit. Sur une longue soirée, maintenez-le en mijoteuse en position « maintien au chaud » plutôt que sur une plaque, qui le fera bouillir sans prévenir.

Variantes

Sans alcool

75 cl de jus de raisin blanc à la place du vin, mêmes poires, mêmes épices, et pas de miel du tout — le jus est déjà sucré. Ajoutez une cuillerée de jus de citron après l'infusion pour lui donner du relief.

Poire et gingembre

Trois rondelles de gingembre frais avec la badiane. La boisson devient franchement chauffante, très bonne quand on rentre de dehors.

Au crémant, servi tiède

Faites l'infusion avec seulement 25 cl de blanc sec très concentré en épices et en poire, laissez refroidir à tiède, puis allongez d'une demi-bouteille de crémant au moment de servir. Les bulles ne supportent pas la chaleur, mais tièdes elles tiennent.

Questions fréquentes

Peut-on faire du vin chaud avec du vin blanc ?

Oui, c'est la version alsacienne et allemande. Il faut simplement changer les épices : badiane, cannelle et zeste de citron à la place du clou de girofle et de la muscade, qui écraseraient un blanc.

Quel vin blanc pour un vin chaud ?

Un blanc sec et aromatique — Sauvignon, Riesling, Bergerac sec — à huit ou neuf euros. Surtout pas un moelleux : avec le miel de la recette, il devient écœurant. Et inutile de monter en gamme, la chauffe efface précisément ce qui fait le prix d'un beau blanc.

Pourquoi ma poire ne parfume pas le vin chaud ?

Elle n'était pas assez mûre. Une poire Conférence doit céder sous le pouce au niveau du col, et se couper en quartiers avec la peau. Comptez aussi vingt-cinq minutes d'infusion : la poire ne donne rien avant la dixième.

Faut-il faire bouillir le vin chaud ?

Jamais. 70 °C maximum, la surface fume et rien ne frémit. Au-delà de 78 °C l'alcool s'évapore en emportant les arômes du vin, et les épices basculent dans l'amertume.

Le vin chaud blanc n'est pas une curiosité : c'est la version alsacienne et allemande, et dans les pays qui en boivent le plus, elle a autant de partisans que la rouge. Ce qui change, c'est ce qu'on met dedans. Les épices lourdes du vin chaud rouge — girofle, muscade — écrasent un blanc. Il faut des épices de fruit : badiane, cannelle, un zeste de citron.

La poire Conférence est le bon fruit pour ça, à une condition : qu'elle soit mûre. Une poire ferme ne rendra rien en vingt-cinq minutes d'infusion à feu éteint, et vous obtiendrez un vin chaud au citron avec des morceaux dedans. Une poire mûre, coupée en quartiers avec la peau, parfume tout le récipient.

Le reste tient dans la température. 70 °C, jamais un frémissement. Au-delà de 78 °C l'alcool part, et il emporte les arômes du vin avec lui — c'est encore plus visible sur un blanc que sur un rouge, parce qu'un blanc n'a que ça à offrir. La cuisson ne parfume rien ; c'est l'infusion, couvercle posé et feu coupé, qui fait tout le travail.

Un mot sur le miel, enfin : il remplace le sucre et ce n'est pas un caprice. Un miel d'acacia se dissout à froid, ne colore pas le vin et apporte une rondeur florale qui va avec la poire. Un miel plus foncé, de châtaignier ou de sarrasin, prendrait toute la place.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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