La Chartreuse jaune est la mal-aimée des deux. Moins forte que la verte — 40 degrés contre 55 — plus miellée, plus douce, elle passe souvent pour une version édulcorée. C'est une injustice : elle a un profil complètement différent, safrané et floral, qui demande simplement un autre contexte.
Le Cloister est ce contexte. Le pamplemousse rose y apporte ce qui manque à la jaune : une amertume franche. La liqueur donne le miel, le safran et la longueur ; l'agrume donne la ligne. Et le gin fait le socle, en retrait.
Le nom — le cloître — est un clin d'œil aux Chartreux. C'est un cocktail des années 1970, largement oublié, et l'un des rares qui mette la jaune au premier plan au lieu de la traiter comme un substitut de la verte.
Un point d'exécution : le pamplemousse se presse au moment. Le jus en bouteille est pasteurisé et il a perdu son amertume — c'est-à-dire tout ce qu'on lui demande ici.







