En Espagne, on ne boit pas le vermouth en cocktail : on le boit seul, sur glace, le dimanche vers midi, avec des olives et quelque chose à grignoter. Ça s'appelle l'hora del vermut, et ça a fait un retour spectaculaire dans les bars de Barcelone et de Madrid depuis une quinzaine d'années.
C'est aussi, de très loin, la meilleure façon de découvrir le vermouth. La plupart des gens ne l'ont jamais goûté autrement qu'en dose de deux centilitres perdue dans un Manhattan ou un Negroni — c'est-à-dire jamais vraiment.
Il n'y a rien à doser et rien à rater, mais trois détails font la différence entre un bon verre et un verre tiède.
Le premier : le vermouth se sert froid, sorti du réfrigérateur. C'est un vin, pas un spiritueux. On le range au frais comme une bouteille de blanc, et on l'y laisse.
Le deuxième : l'olive n'est pas une décoration. Sa salinité coupe le sucre du vermouth exactement comme le sel coupe l'amertume d'un pamplemousse. On la mange entre deux gorgées.
Le troisième : un trait de siphon, si vous en avez. C'est le vermut con sifón, et ça allège sans diluer.







