Le switchel se buvait dans les fermes de Nouvelle-Angleterre et du Québec pendant les moissons, bien avant l'invention des boissons isotoniques. Quatre éléments : de l'eau, du vinaigre de cidre, un sucre, du gingembre. On l'appelait aussi haymaker's punch, le punch du faneur.
Ce n'était pas un caprice de goût. Le vinaigre et le sucre, ensemble, se boivent mieux qu'une eau plate quand on transpire, et le gingembre calme l'estomac. C'est la même logique que le nimbu pani indien ou l'ayran turc : les cultures qui travaillent à la chaleur ont toutes inventé une boisson acide et sucrée.
Le vinaigre est le point sensible. Il en faut assez pour qu'on le sente, pas assez pour qu'il pique. Un centilitre et demi pour vingt centilitres d'eau est le bon rapport, et un vinaigre de cidre non filtré, avec sa mère, donne un résultat bien plus rond qu'un vinaigre limpide.
Le sirop d'érable n'est pas interchangeable avec du sucre : sa note boisée répond au gingembre d'une façon que le sucre blanc ne fait pas.







