Une Bloody Mary sans vodka est presque la même boisson, puisque la vodka n'y apporte aucun arôme. Ce qu'elle apportait, c'est un peu de fluidité et une légère brûlure ; tout le reste vient de l'assaisonnement, et c'est là que tout se joue.
Deux gestes font la différence. On ne secoue jamais un jus de tomate : les bulles d'air incorporées le font mousser, il pâlit et devient roseâtre. On le roule, c'est-à-dire qu'on le transvase lentement d'un verre à l'autre, cinq ou six fois. Et l'on assaisonne à l'avance : le sel, le poivre et les épices mettent plusieurs minutes à se diffuser dans un liquide aussi épais. Une Virgin Mary goûtée immédiatement paraît toujours fade, et l'on sale alors deux fois trop.







