Le Dry Martini moderne est presque du gin pur — souvent six pour un, parfois davantage. Le vermouth y sert de rumeur : on le verse, on le fait tourner, on le jette. C'est une mode du XXe siècle, et elle a fait beaucoup de mal à la réputation du vermouth.
Le Reverse Martini inverse simplement les proportions : deux fois plus de vermouth que de gin. Le résultat n'est pas un Martini raté, c'est un autre cocktail — plus floral, plus végétal, avec une légère amertume en finale. Et il titre autour de 17 degrés au lieu de 30, ce qui en fait un apéritif qu'on peut boire avant un repas sans en compromettre la suite.
C'est un cocktail que les barmen servent depuis longtemps entre eux et que le mouvement low-ABV a remis en avant. Il porte aussi le nom de 50-50 quand les proportions sont à parts égales.
Un point technique inhabituel : ici, la qualité du vermouth compte plus que celle du gin. C'est lui qui occupe les deux tiers du verre. Une vieille bouteille oxydée du fond du placard donnera un cocktail plat, quel que soit le gin.







