Grand bocal de vin blanc en macération avec bâton de cannelle, zestes d'orange, badiane et herbes sèches, verre du vermouth fini, planche couverte de plantes et petite balance

Cocktail · Armoise retirée à 24 h, le reste à 7 jours, sucre caramélisé avant ajout

Vermouth maison

Un vermouth, c'est du vin blanc, un alcool de fortification, de l'armoise et ce qu'on veut d'autre. Se fait en une semaine avec une bouteille de blanc sec, et ça change complètement le regard qu'on porte dessus.

  • Préparation : 30 min + 7 jours de macération
  • Verre : Verre bas sur glace, avec une rondelle d'orange
  • Armoise retirée à 24 h, le reste à 7 jours, sucre caramélisé avant ajout
  • Environ 85 cl — 12 verres
  • Intermédiaire
  • Toute saison

Ingrédients

Environ 85 cl — 12 verres

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Ustensiles

  • balance de précision (indispensable : on pèse des grammes, pas des pincées)
  • grand bocal à fermeture de 1,5 L
  • petite casserole à fond épais (pour le caramel)
  • passoire fine et filtre à café
  • bouteille propre avec bouchon

La méthode

Quatre éléments, et trois décisions qui font la différence entre un vermouth et un vin aromatisé.

L'armoise, et son timing. C'est la plante qui définit la catégorie — sans elle, vous faites un vin d'apéritif, pas un vermouth. Mais elle est extraordinairement amère et elle domine très vite : au-delà de 24 heures d'infusion, son amère écrase tout le reste et ne relâche plus rien. On la met avec le reste au départ, et on la retire seule au bout d'une journée. Les autres plantes continuent une semaine.

Deux grammes pour 75 cl est la dose. On ne la double pas « pour être sûr » : l'armoise contient de la thuyone, comme l'absinthe, et les doses traditionnelles des vermouths commerciaux sont encadrées. À 2 grammes sur une semaine avec un retrait à 24 heures, on est très en dessous de tout seuil, et le goût est déjà franc. C'est une recette où l'on pèse — pas où l'on estime.

La fortification. Quinze centilitres d'alcool à 40 degrés portent l'ensemble autour de 17-18 degrés, c'est-à-dire le titre d'un vermouth commercial. Ce n'est pas seulement une question de goût : c'est ce qui permet à la bouteille de se garder trois mois au réfrigérateur au lieu de trois jours. Un « vermouth » non fortifié est un vin aromatisé qui tourne en une semaine.

Le caramel. On fait fondre les 80 g de sucre à sec dans une casserole jusqu'à une couleur ambre foncé — pas blond, ambre foncé, juste avant qu'il ne fume — puis on le déglace avec un peu de vin tiédi, hors du feu et à bout de bras : ça projette. C'est ce caramel qui donne au vermouth rouge sa couleur et ses notes grillées. Un sucre simplement dissous donnerait un vermouth pâle et plat.

Et le double filtrage à la fin, passoire puis filtre à café, comme pour l'hypocras : c'est ce qui donne la limpidité.

Préparation pas à pas

  1. Le caramel 10 min

    Faites fondre les 80 g de sucre à sec jusqu'à une couleur ambre foncé. Hors du feu et à bout de bras, déglacez avec 10 cl de vin tiédi — ça projette. Laissez refroidir.

  2. Le montage 10 min

    Dans le bocal : le reste du vin, l'alcool de fortification, le caramel refroidi, et toutes les plantes pesées — armoise comprise.

  3. Retirer l'armoise 24 h

    Au bout de vingt-quatre heures exactement, retirez l'armoise et elle seule. Au-delà, son amertume écrase tout le reste.

  4. Continuer la macération 6 jours

    Laissez les autres plantes six jours de plus, à l'abri de la lumière. Secouez une fois par jour.

  5. Filtrer 20 min

    Passoire fine d'abord, sans presser, puis filtre à café pour la limpidité. Mettez en bouteille et gardez au réfrigérateur.

Le conseil du caviste

Le vin fait 80 % du volume, donc 80 % du résultat — mais il ne faut pas pour autant prendre le plus cher. Ce qu'il faut, c'est un blanc sec, vif et sans bois. Un Sauvignon, un Bordeaux blanc sec, un Chardonnay de cuve : leur acidité porte les plantes et leur neutralité leur laisse la place. Un blanc boisé ou très aromatique se bat contre l'infusion, et un moelleux déséquilibre tout avec le caramel par-dessus.

C'est d'ailleurs une très bonne destination pour une bouteille de blanc dont on ne sait que faire, ou pour un fond de cave qui commence à fatiguer — pas oxydé, mais un peu éteint.

Sur les plantes : elles se trouvent en herboristerie ou en magasin bio, en vrac, pour quelques euros l'ensemble. L'armoise et la gentiane sont les deux qu'on ne peut pas improviser — la première fait le vermouth, la seconde fait son amertume de fond. Le reste est à votre goût : zeste de pamplemousse, cardamome, sauge, verveine, fleur de sureau. Une fois la méthode acquise, c'est une recette qu'on ajuste indéfiniment.

Deux avertissements, parce qu'ils sont sérieux. On pèse l'armoise à la balance et on ne dépasse pas 2 grammes pour 75 cl — elle contient de la thuyone, comme l'absinthe. Et on la retire à 24 heures : ce n'est pas seulement une question de goût. Cette préparation ne se sert ni aux enfants ni aux femmes enceintes.

Enfin, le résultat se garde trois mois au réfrigérateur grâce à la fortification — nettement plus qu'un vermouth commercial ouvert, qui tient un mois.

Dépannage

C'est imbuvable tellement c'est amère

L'armoise est restée plus de 24 heures, ou elle a été surdosée. Deux grammes pesés, retirés à vingt-quatre heures — c'est la seule variable qu'on ne touche pas.

Ça ne goûte pas le vermouth

L'armoise a été omise. Sans elle, c'est un vin aromatisé : c'est littéralement la plante qui donne son nom à la catégorie.

C'est pâle et plat

Le sucre a été dissous au lieu d'être caramélisé. Le caramel ambre foncé donne la couleur ET les notes grillées.

Ça a tourné en une semaine

La fortification a été sautée ou insuffisante. 15 cl d'alcool à 40° pour 75 cl de vin : sans ça, c'est du vin ouvert.

Préparer à l'avance

Filtré, mis en bouteille et bouché, il se garde **trois mois au réfrigérateur** — la fortification à 17-18 degrés le protège nettement mieux qu'un vin ouvert, mais ce n'est pas un spiritueux : il vit au frais, comme tous les vermouths. Non filtré, la macération continue et la gentiane finit par tout dominer ; ne dépassez pas les sept jours. Il s'arrondit pendant les deux premières semaines après le filtrage.

Variantes

Version blanche

Sans caraméliser le sucre — simplement dissous — et en remplaçant la cannelle et la badiane par de la cardamome et de la fleur de sureau. On obtient un vermouth blanc floral, très bon en tonic.

Version rosée

Un rosé sec à la place du blanc, zeste de pamplemousse au lieu d'orange. Moins classique, remarquable en apéritif d'été sur glace.

Ajuster à votre goût

Une fois la base maîtrisée — vin, fortification, armoise, gentiane, caramel — le reste des plantes est libre : sauge, verveine, génépi, écorce de quinquina, poivre long. C'est là que la recette devient la vôtre.

Questions fréquentes

De quoi est fait un vermouth ?

De vin blanc à 80 %, d'un alcool de fortification qui porte le titre à 17-18 degrés, de sucre, et de plantes dont l'armoise — Wermut en allemand, qui a donné son nom à la catégorie. Sans armoise, ce n'est pas un vermouth mais un vin aromatisé.

Combien de temps infuser l'armoise ?

Vingt-quatre heures, puis on la retire seule tandis que les autres plantes continuent une semaine. Au-delà, son amertume écrase tout le reste et ne relâche plus rien. Deux grammes pour 75 cl, pesés à la balance — elle contient de la thuyone et cette dose ne se double pas.

Quel vin blanc utiliser ?

Un blanc sec, vif et sans bois : Sauvignon, Bordeaux blanc sec, Chardonnay de cuve. Son acidité porte les plantes et sa neutralité leur laisse la place. Un blanc boisé se bat contre l'infusion, un moelleux déséquilibre tout avec le caramel.

Pourquoi caraméliser le sucre ?

Parce que c'est lui qui donne au vermouth rouge sa couleur et ses notes grillées. Fondu à sec jusqu'à une couleur ambre foncé puis déglacé au vin tiédi, hors du feu. Un sucre simplement dissous donne un vermouth pâle et plat.

Le vermouth paraît mystérieux tant qu'on ne l'a pas fait. C'est en réalité une recette à quatre éléments : du vin blanc, un alcool pour le fortifier, du sucre, et des plantes dont l'armoiseWermut en allemand, qui a donné son nom à la catégorie.

Le faire soi-même a deux intérêts. Le premier est de comprendre : une fois qu'on a goûté la même base avec et sans armoise, on sait enfin ce qu'est un vermouth. Le second est pratique : c'est une excellente destination pour une bouteille de blanc sec, et le résultat coûte le tiers d'un vermouth artisanal du commerce.

Trois points décident du résultat.

L'armoise est obligatoire et se dose étroitement. Sans elle, ce n'est pas un vermouth mais un vin aromatisé. Avec trop, c'est imbuvable — elle est extrêmement amère et elle contient de la thuyone. On reste à 2 grammes pour 75 cl et on n'y touche pas.

Chaque plante s'infuse séparément... non. On les infuse ensemble mais on les retire à des moments différents : l'armoise sort au bout de 24 heures, le reste continue une semaine.

Et le sucre se caramélise avant d'être ajouté. C'est lui qui donne la couleur et les notes grillées d'un vermouth rouge.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €

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