Le vin d'épine — troussepinette en Vendée, épinette dans les Charentes, vin d'épine ailleurs — est l'un des derniers apéritifs vraiment paysans qui se fassent encore. On cueille les jeunes pousses du prunellier au printemps, on les fait macérer dans du vin, on ajoute du sucre et un peu d'eau-de-vie.
Le résultat n'a d'équivalent nulle part : une amertume verte, presque d'amande, sur un fond de vin rouge sucré. Ceux qui en ont bu chez leurs grands-parents le reconnaissent dès la première gorgée.
La contrainte est saisonnière, et elle est stricte : les pousses se cueillent en avril, quand elles sont tendres, rougeâtres et souples — jamais les feuilles adultes de l'été, qui n'apportent qu'une amertume sèche. C'est la seule fenêtre de l'année.
Le second point : la macération ne doit pas dépasser 40 jours. Au-delà, l'amertume prend toute la place et ne repart plus.







