Bocal à fermeture mécanique rempli de cerises rouges entières avec leurs queues, baignant dans un alcool clair légèrement rosé, cerises fraîches et ciseaux posés sur une table en bois brut

Conserve maison · Noyaux gardés, queues coupées court aux ciseaux, alcool à 45 degrés

Cerises à l'eau-de-vie

La conserve de nos grands-mères, et ses deux règles qu'on ne trouve plus nulle part : on garde la queue courte, et on ne dénoyaute jamais. Le noyau n'est pas un oubli, c'est un ingrédient.

  • Préparation : 30 min
  • Verre : Coupelle, avec une cuillerée du jus
  • Noyaux gardés, queues coupées court aux ciseaux, alcool à 45 degrés
  • 1 bocal de 1,5 litre
  • Facile
  • Été

Ingrédients

1 bocal de 1,5 litre

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

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Ustensiles

  • ciseaux (pour couper les queues net, sans tirer)
  • grand bocal à fermeture mécanique (1,5 litre, ébouillanté et parfaitement sec)
  • aiguille à tricoter ou brochette (pour tasser doucement, jamais les doigts)

La méthode

Trois points, et le bocal tient dix ans.

Le tri. Écartez toute cerise fendue, tachée ou molle. Une seule suffit à troubler l'ensemble et à lancer une fermentation. Ne les lavez pas à grande eau : passez-les rapidement et séchez-les soigneusement, l'eau résiduelle dilue l'alcool.

Les queues coupées aux ciseaux, à un demi-centimètre. Ce détail décide de la tenue du fruit. Une queue arrachée à la main emporte un morceau de peau : la cerise se vide, elle devient molle et blanchie au bout de deux mois. Une queue laissée entière, elle, apporte de la matière végétale qui fermente et trouble le liquide. Un demi-centimètre est le bon compromis, et c'est aussi ce qui permet de les attraper à table.

Les noyaux, qu'on garde. Ils libèrent lentement du benzaldéhyde, le composé de l'amande amère — celui qu'on retrouve dans l'amaretto, fait de noyaux d'abricot. C'est exactement ce qui distingue une vraie cerise à l'eau-de-vie d'une cerise simplement macérée. La quantité libérée par des noyaux entiers laissés intacts est infime et sans danger ; ne les concassez jamais, en revanche, et c'est valable pour toutes les conserves à noyaux.

Le degré. Un kilo de cerises, c'est environ 800 g d'eau qui va passer dans l'alcool. Une eau-de-vie à 45° descendra autour de 32 ou 33 degrés — la conserve est stable. Partie de 40°, elle finit sous les 30, et à ce niveau les levures se remettent au travail. Si vous n'avez que du 40°, mettez un tiers de fruits en moins.

Le sucre, enfin, va au fond et met plusieurs semaines à se dissoudre. C'est normal : ne remuez pas, retournez simplement le bocal une fois par mois.

Préparation pas à pas

  1. Trier 10 min

    Écartez toute cerise fendue, tachée ou molle. Une seule suffit à troubler le bocal.

  2. Couper les queues 15 min

    Aux ciseaux, en laissant un demi-centimètre. Ne tirez jamais : une queue arrachée ouvre la peau et la cerise se vide.

  3. Sécher 5 min

    Passez-les rapidement sous l'eau, puis séchez-les soigneusement au torchon. L'eau résiduelle dilue l'alcool.

  4. Remplir le bocal 5 min

    Cerises, sucre et épices dans le bocal ébouillanté et sec. Tassez à l'aiguille, jamais aux doigts.

  5. Verser l'alcool 2 min

    Recouvrez entièrement d'eau-de-vie à 45°. Aucun fruit ne doit dépasser. Fermez et datez.

  6. Attendre 3 mois

    À l'abri de la lumière. Retournez le bocal une fois par mois sans l'ouvrir : le sucre met des semaines à fondre.

Le conseil du caviste

Le degré de l'alcool est la seule chose sur laquelle il ne faut pas céder, et c'est celle dont personne ne parle. Un fruit frais est de l'eau à 80 % : elle passe intégralement dans le bocal et dilue l'eau-de-vie. C'est pour ça que les alcools vendus « pour fruits » titrent 45 degrés et non 40 — ce n'est pas du marketing, c'est la marge de sécurité qui évite que la conserve ne se remette à fermenter.

Si vous n'avez qu'une bouteille à 40 degrés sous la main, la parade est simple : un tiers de fruits en moins pour la même quantité d'alcool. Vous aurez moins de cerises, mais elles se garderont.

Quel alcool ? Un alcool neutre. On veut goûter la cerise et l'amande du noyau, pas le support. Une vodka propre convient très bien. Évitez en revanche une eau-de-vie de fruit — poire, mirabelle, framboise : ce sont de très belles bouteilles, mais elles ont un parfum qui entrera en concurrence avec la cerise au lieu de la servir.

Le kirsch, lui, est un cas à part : c'est déjà une eau-de-vie de cerise, et il renforce. Si vous en avez, un tiers de kirsch pour deux tiers de neutre donne un résultat remarquable.

Le jus vaut les fruits. Au bout de six mois, le liquide est devenu un guignolet maison : rouge sombre, sucré, marqué d'amande. Deux centilitres au fond d'une coupe de crémant en font un apéritif ; une cuillerée sur une glace vanille en fait un dessert. Ne le jetez jamais quand le bocal est vide.

Et à table : deux cerises et un peu de jus dans un verre de vin rouge chaud, c'est le meilleur raccourci qu'on connaisse pour un vin chaud d'hiver.

Dépannage

Ça mousse, ça a fermenté

Le degré final est descendu trop bas : alcool à 40° au départ, ou fruits mal séchés. Le bocal est à jeter. Partez de 45°, ou mettez un tiers de fruits en moins.

Les cerises sont molles et blanchies

Les queues ont été arrachées et la peau s'est ouverte, ou les fruits étaient trop mûrs. Coupez les queues aux ciseaux à un demi-centimètre et choisissez des cerises fermes.

Le liquide est trouble

Une cerise abîmée est passée au tri, ou des queues entières ont fermenté. Le tri est la seule parade, et il est à faire avant.

Le sucre reste au fond

C'est normal les premières semaines : le sucre se dissout très lentement dans l'alcool froid. Retournez le bocal une fois par mois, ne remuez pas.

Ça n'a pas de goût d'amande

Les cerises ont été dénoyautées. C'est le noyau, laissé entier, qui donne cet arôme caractéristique — sans lui, ce sont de simples cerises alcoolisées.

Préparer à l'avance

Plusieurs années, et même dix ans sans problème, à température ambiante et à l'abri de la lumière — à condition que le degré final reste au-dessus de 30. C'est tout l'enjeu de partir à 45.

Bocal ébouillanté et sec, fruits toujours entièrement immergés, cuiller propre à chaque service. Le liquide fonce avec les années et les cerises se tassent : c'est le signe d'une bonne conserve, pas d'un défaut.

Un bocal qui mousse, sent l'aigre ou dont le couvercle bombe se jette sans discuter.

Variantes

Au kirsch

Un tiers de kirsch — déjà une eau-de-vie de cerise — pour deux tiers d'alcool neutre. Le résultat est nettement plus intense sur la cerise.

Guignolet maison

Une fois les cerises mangées, le jus est un guignolet : 2 cl au fond d'une coupe de crémant, et vous avez un apéritif de fête.

Prunes à l'eau-de-vie

Même méthode avec des mirabelles ou des quetsches, piquées d'un coup d'aiguille pour que l'alcool pénètre. Noyaux gardés là aussi.

Rumtopf

Le bocal allemand où l'on ajoute les fruits au fil de la saison, avec sucre et rhum à 54°. Le même principe, étalé sur six mois.

Questions fréquentes

Faut-il dénoyauter les cerises à l'eau-de-vie ?

Non, surtout pas. Le noyau laissé entier libère lentement un arôme d'amande amère qui fait tout le goût caractéristique de la conserve. Sans noyaux, ce sont de simples cerises alcoolisées. Ne les concassez jamais, en revanche.

Quel alcool pour les cerises à l'eau-de-vie ?

Un alcool neutre à 45 degrés. Le degré compte : la cerise est gorgée d'eau et dilue l'alcool de plus de dix degrés. Avec du 40°, mettez un tiers de fruits en moins. Évitez les eaux-de-vie de fruit, dont le parfum concurrence la cerise.

Faut-il garder les queues ?

Coupez-les aux ciseaux à un demi-centimètre. Arrachée, la queue ouvre la peau et la cerise se vide ; laissée entière, elle fermente et trouble le liquide. Un demi-centimètre permet aussi de les attraper à table.

Combien de temps se gardent les cerises à l'eau-de-vie ?

Plusieurs années, jusqu'à dix, à l'abri de la lumière — tant que le degré final reste au-dessus de 30. Bocal ébouillanté et sec, fruits toujours immergés, cuiller propre à chaque service.

Que faire du jus quand il n'y a plus de cerises ?

C'est un guignolet maison, et il vaut les fruits. Deux centilitres au fond d'une coupe de crémant en font un apéritif ; une cuillerée sur une glace vanille en fait un dessert.

Les cerises à l'eau-de-vie sont l'une de ces recettes qu'on croit évidentes et qui se ratent pour trois raisons précises. Les voici, dans l'ordre.

On ne dénoyaute pas. Ce n'est pas de la paresse : le noyau libère lentement un arôme d'amande amère — le même composé que dans l'amaretto ou le noyau d'abricot — qui donne à la conserve son goût caractéristique. Sans noyaux, vous obtenez des cerises alcoolisées ; avec, vous obtenez des cerises à l'eau-de-vie.

On coupe la queue, on ne l'arrache pas. Laissez un demi-centimètre, coupé aux ciseaux. Une queue arrachée ouvre la peau, la cerise se vide dans le bocal et devient molle ; une queue laissée entière fermente et trouble le liquide.

Il faut du 45 degrés. C'est le point le plus souvent manqué. La cerise est gorgée d'eau : elle dilue l'alcool en quelques jours. Partez de 40 degrés et vous finissez autour de 28 — assez pour que ça tourne.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Vodka Nadé 2021Vodka Nadé 2021 110,00 €
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