Le Picon bière, tout le monde connaît. Le Picon vin blanc est son cousin discret, bu dans l'Est et le Nord depuis toujours, et il a un avantage net : le vin blanc, contrairement à la bière, n'apporte ni houblon ni amère qui viennent concurrencer ceux de l'amer.
Le résultat est plus lisible. On sent l'orange amère et le quinquina du Picon, portés par l'acidité du blanc — et non noyés dedans. C'est aussi nettement moins amer, ce qui en fait un bon apéritif pour quelqu'un qui trouve le Picon bière trop rude.
La seule chose à savoir tient dans le dosage, et c'est là que ça rate. Deux centilitres, pas plus — environ deux centimètres au fond du verre. Le Picon est un amer concentré à 18 degrés ; à quatre centilitres, il écrase complètement le vin et le verre devient sirupeux et médicinal. C'est l'erreur classique, faite par générosité.
Et il se sert sans glace. Le vin est déjà froid ; la glace ne ferait que diluer un équilibre déjà juste.







