La lavande est l'aromate le plus dangereux d'une carte de cocktails, non pas pour la santé mais pour le goût. Entre la dose qui parfume et celle qui évoque le savon de Marseille, l'écart est d'un facteur trois, et la bascule est brutale : on passe de trop peu à beaucoup trop sans jamais rencontrer le bon réglage si l'on dose à la main.
La cause est le linalol et l'acétate de linalyle, deux molécules que notre nez associe directement aux produits d'entretien parce que l'industrie les y a mises. La parade est de peser, un gramme de boutons séchés par litre de sirop, et de limiter l'infusion à quinze minutes hors du feu. C'est peu, et c'est exactement assez.







