Plante aromatique

Chardon béni

Centaurea benedicta (L.) L.

Un chardon annuel des terres sèches méditerranéennes, au feuillage amer, dont la racine peut entrer dans le Herbero de la Sierra de Mariola.

Famille
Astéracées
Cycle
annuel
Hauteur
10 à 60 cm
Partie citée
racine
Autres noms
Cnicaut béni, Cnicus béni, Cardo santo, Cnicus benedictus L., Carbenia benedicta Adans., Calcitrapa lanuginosa Lam., Carduus benedictus Garsault

Origine et botanique

Le chardon béni est une plante annuelle de la famille des Astéracées. Linné l'a d'abord nommé Cnicus benedictus. On le classe aujourd'hui dans le genre Centaurea, sous le nom de Centaurea benedicta. Il ne faut pas le confondre avec le panicaut fétide, appelé lui aussi chardon béni à la Martinique. Le Herbero de la Sierra de Mariola dit seulement « raíz de cardo santo », sans nom latin.

Il mesure de 10 à 60 centimètres. Sa tige est dressée et ramifiée, couverte de poils laineux. Ses feuilles vert pâle, assez coriaces, sont bordées de dents épineuses. Un réseau de nervures blanches les marque par-dessous. Ses capitules de fleurs jaunes sont entourés de bractées piquantes. Sa racine principale est grêle.

Où elle pousse

Le chardon béni est assez commun en terrain sec dans la région méditerranéenne. Son aire va du Portugal et de l'Espagne au sud-est de l'Europe, à l'Ukraine et au sud de la Russie, jusqu'au Xinjiang et au Pakistan. En France, on le trouve surtout en Provence et en Languedoc-Roussillon. Il s'est naturalisé dans de nombreux pays, y compris en Amérique.

Il lui faut le plein soleil et un sol bien drainé. Il meurt dans un sol gorgé d'eau. Il est classé en danger critique d'extinction dans l'ancienne région Rhône-Alpes.

Son histoire

Dans l'Antiquité gréco-romaine, le chardon béni était connu sous les noms d'acorna ou de cnécos. Théophraste et Pline le citent. Il sert aussi de légume en Turquie. Ses feuilles sont amères, mais la plante sert d'aromate dans des boissons alcoolisées.

Dans la province d'Alicante, le Herbero de la Sierra de Mariola est une boisson spiritueuse anisée aux plantes de la sierra. Son histoire remonte à l'époque de la domination musulmane. Sa production devient industrielle à la fin du XIXe siècle. La racine de chardon béni figure dans la liste des quinze plantes du Herbero. Il faut en employer au moins quatre. Quand on les fait macérer, c'est au moins 10 jours dans une solution d'alcool à 60 % vol. au minimum. Le Herbero peut aussi naître d'une distillation directe des plantes avec l'alcool et l'anis. Le goût final ne doit venir que de ces plantes.

Dans le verre

Les feuilles du chardon béni ont un goût amer. La plante contient des lactones sesquiterpéniques, comme la cnicine.

Les appellations qui l’autorisent (1)

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