Deux bouteilles à bouchon mécanique remplies d'une liqueur crémeuse beige, un petit verre à pied de la même crème, une gousse de vanille et un carré de chocolat noir sur une table en bois brut

Liqueur maison · Tout au fouet à froid, le lait concentré pour la tenue, trois semaines au frais

Crème de whisky maison (façon Baileys)

Cinq minutes au fouet, aucune cuisson, et une bouteille qui vaut largement celle du commerce. Un seul point de vigilance : elle se garde au réfrigérateur, et pas trois ans.

  • Préparation : 10 min
  • Verre : Petit verre à liqueur, ou sur un glaçon
  • Tout au fouet à froid, le lait concentré pour la tenue, trois semaines au frais
  • 1 litre environ, soit une vingtaine de verres
  • Très facile
  • Hiver

Ingrédients

1 litre environ, soit une vingtaine de verres

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

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Ustensiles

  • fouet ou mixeur plongeant (le fouet suffit largement ; au mixeur, dix secondes maximum)
  • grand saladier (froid si possible)
  • entonnoir
  • bouteilles à bouchon mécanique (ébouillantées et séchées — c'est un produit frais, l'hygiène compte vraiment ici)

La méthode

Aucune cuisson, et c'est volontaire : chauffer la crème avec l'alcool la ferait cailler.

Délayer d'abord ce qui ne se dissout pas. Le café soluble et le cacao doivent être délayés séparément dans une cuillerée d'eau chaude, puis refroidis, avant d'entrer dans le saladier. Versés en poudre dans la crème, ils font des grumeaux que rien ne rattrapera ensuite.

L'ordre de mélange. Lait concentré et whisky en premier, fouettés ensemble jusqu'à ce que ce soit parfaitement lisse : c'est l'étape qui décide de la texture finale. Puis le café, le cacao, la vanille et le sel. La crème liquide en dernier, versée en filet, en fouettant doucement.

Pourquoi le lait concentré est indispensable. Ce n'est pas seulement du sucre : c'est du lait dont on a retiré l'eau, donc une forte concentration de protéines de lait. Ce sont elles qui tiennent l'alcool et la matière grasse ensemble et empêchent la séparation. Avec du sucre ordinaire à la place, le mélange se sépare en deux couches en une nuit.

Ne pas trop battre. Vous avez de la crème entière à 30 % dans un saladier : fouettée trop longtemps ou au mixeur à pleine vitesse, elle monte et vous obtenez une mousse épaisse au lieu d'une liqueur. Dès que c'est homogène, on arrête.

Une nuit au réfrigérateur avant de servir : à la sortie du saladier, l'alcool est encore en avant et un peu mordant. Douze heures plus tard, tout s'est fondu.

Préparation pas à pas

  1. Délayer le café et le cacao 3 min

    Dissolvez le café soluble et le cacao chacun dans une cuillerée d'eau chaude, puis laissez refroidir. En poudre, ils feraient des grumeaux définitifs.

  2. Lait concentré et whisky 2 min

    Fouettez ensemble le lait concentré et le whisky jusqu'à ce que ce soit parfaitement lisse. C'est cette étape qui décide de la texture.

  3. Les arômes 1 min

    Ajoutez le café, le cacao, la vanille et la pincée de sel. Fouettez.

  4. La crème en dernier 2 min

    Versez la crème liquide froide en filet en fouettant doucement. Arrêtez dès que c'est homogène : trop battue, elle monterait.

  5. Mettre en bouteille 2 min

    À l'entonnoir, dans des bouteilles ébouillantées et sèches. Datez l'étiquette.

  6. Une nuit au frais 12 h

    Le repos fond l'alcool dans la crème. Servez ensuite très froid, pur ou sur un glaçon.

Le conseil du caviste

Le choix du whisky est le seul vrai choix de cette recette, et il se résume à une consigne : pas de tourbé. La fumée et le médicinal d'un Islay dans de la crème sucrée donnent quelque chose de franchement désagréable — c'est l'une des rares associations que je déconseille sans nuance.

Ce qu'il faut, c'est un whisky rond, vanillé, un peu pâtissier, du genre élevé en fût qui a donné de la douceur. Les whiskies français jouent très bien ce rôle : ils sont généralement non tourbés et sur le fruit et la céréale plutôt que sur la fumée.

Faut-il mettre le bon ? Non, et c'est à dire franchement : dans un litre de crème sucrée au cacao, un whisky d'exception perd tout ce qui fait son prix. Prenez un whisky honnête et non tourbé, gardez le grand pour le boire pur. C'est du bon sens de caviste, pas de la modestie.

Sur la conservation, soyez rigoureux : trois semaines au réfrigérateur, et rien de plus. Les 40 degrés du whisky sont dilués ici à environ 12 ° dans le mélange final, ce qui ne suffit pas à conserver de la crème fraîche. Les bouteilles du commerce tiennent deux ans parce qu'elles sont stérilisées et homogénéisées industriellement. Datez l'étiquette, toujours.

En cadeau de fêtes, c'est imbattable — à condition de le dire à celui qui la reçoit : une petite étiquette « à garder au frais, à boire avant le [date] », et le cadeau est complet.

Dépannage

Ça s'est séparé en deux couches

Le lait concentré a été remplacé par du sucre, ou la crème était allégée. Ce sont les protéines du lait concentré qui tiennent l'alcool et la matière grasse ensemble. Secouez avant de servir, et corrigez au prochain lot.

C'est mousseux et épais

La crème a été trop battue et a monté. Arrêtez dès que c'est homogène ; au mixeur plongeant, dix secondes suffisent.

Il y a des grumeaux

Le café soluble ou le cacao ont été versés en poudre. Il faut les délayer à l'eau chaude et les laisser refroidir avant. Passez au chinois pour sauver le lot.

Ça a un goût de fumée désagréable

Le whisky était tourbé. Rien ne le rattrape — la fumée et la crème sucrée ne s'accordent pas.

L'alcool est trop en avant

Ce n'est pas fini : il faut les douze heures au réfrigérateur pour que tout se fonde. Goûtez le lendemain avant de corriger quoi que ce soit.

Préparer à l'avance

Trois semaines au réfrigérateur, pas davantage. C'est le point sur lequel il ne faut pas transiger : le mélange final titre autour de 12 degrés, ce qui est très insuffisant pour conserver de la crème fraîche à température ambiante. Les bouteilles industrielles tiennent deux ans parce qu'elles sont stérilisées et homogénéisées — pas la nôtre.

Datez systématiquement l'étiquette. Bouteilles ébouillantées et parfaitement sèches avant remplissage. Un léger dépôt au fond est normal : secouez avant de servir. Une odeur aigre ou un épaississement anormal, en revanche, se jettent sans discuter.

Et ne la congelez pas : la crème se déstructure et ne revient jamais.

Variantes

Au rhum vieux

Remplaçez le whisky par un rhum vieux. Plus sucré, plus épicé, très bon — et ça s'accorde encore mieux avec le lait concentré, qui est un produit des Antilles autant que d'ailleurs.

Au cognac

Avec un cognac, on gagne en fruit confit et en longueur. La version la plus élégante des trois.

Caramel au beurre salé

Remplaçez le cacao par deux cuillerées de caramel au beurre salé délayé, et doublez la pincée de sel. Redoutable.

Sur un café

Trois centilitres versés dans un café serré chaud, sans sucre : c'est le meilleur usage quotidien de la bouteille.

Questions fréquentes

Combien de temps se garde une crème de whisky maison ?

Trois semaines au réfrigérateur, pas davantage. Le mélange titre environ 12 degrés, ce qui ne suffit pas à conserver de la crème fraîche. Les bouteilles du commerce tiennent deux ans parce qu'elles sont stérilisées industriellement.

Quel whisky pour une crème maison ?

Un whisky rond et vanillé, jamais tourbé : la fumée et la crème sucrée ne s'accordent pas. Inutile d'y mettre une grande bouteille, elle perdrait tout ce qui fait son prix — gardez-la pour la boire pure.

Pourquoi du lait concentré sucré ?

Parce que ses protéines de lait tiennent l'alcool et la matière grasse ensemble et empêchent la séparation. Avec du sucre ordinaire, le mélange se sépare en deux couches en une nuit. Il apporte aussi tout le sucre de la recette.

Faut-il faire cuire le mélange ?

Surtout pas. Chauffer la crème avec l'alcool la ferait cailler. Tout se fait au fouet, à froid, en dix minutes.

Ma crème de whisky s'est séparée, que faire ?

Secouez avant de servir, ce n'est pas perdu. Pour le prochain lot, vérifiez que vous utilisez bien du lait concentré sucré et une crème entière à 30 % : une crème allégée ne tient pas.

La crème de whisky est l'une des rares liqueurs qu'on refait chez soi sans matériel, sans cuisson et sans attente. On fouette, on met en bouteille, c'est prêt.

Le secret tient dans un ingrédient qu'on n'attend pas : le lait concentré sucré. C'est lui qui donne la texture nappante et la stabilité — sans lui, la crème et l'alcool se séparent en quelques heures. Il apporte aussi tout le sucre : il n'y a rien d'autre à ajouter.

Et il y a une chose à savoir avant de commencer, parce que personne ne la dit : ça ne se garde pas comme une bouteille du commerce. Les industriels homogénéisent et stérilisent leur crème ; nous, non. Trois semaines au réfrigérateur, pas davantage. C'est le prix de la fraîcheur, et ça ne pose aucun problème quand on sait à quelle date on l'a faite.

Le reste est une question de whisky. Un tourbé détruirait tout ; un whisky rond et vanillé est fait pour ça.

Avant de partir

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