La crème de coco contient une part très élevée d'acides gras saturés, dont le point de fusion se situe autour de dix degrés. C'est ce qui la rend si pratique en cuisine et si difficile en cocktail : dès qu'elle descend en dessous, elle se fige en petits grains blancs qui remontent en surface et donnent une texture granuleuse.
Un daiquiri, lui, se sert entre trois et cinq degrés. Les deux exigences sont contradictoires, et la parade est de ne jamais laisser la crème de coco rencontrer la glace directement : on la mélange d'abord au rhum à température ambiante, ce qui la dilue et abaisse son point de fusion, avant seulement d'ajouter la glace. Secouer court, filtrer, servir. Un daiquiri coco qui grumelle a été monté dans le mauvais ordre.







