Dans les Alpes, on l'appelle le Green Chaud. C'est un chocolat chaud épais dans lequel on verse de la Chartreuse verte, et c'est la boisson des fins d'après-midi de ski depuis des décennies. Personne ne l'écrit, parce que tout le monde suppose qu'il n'y a rien à expliquer.
Il y a pourtant deux choses à dire, et elles font toute la différence.
La première : la Chartreuse se verse hors du feu, dans la tasse, jamais dans la casserole. À 55 degrés, l'alcool s'évapore extrêmement vite au contact d'un liquide chaud — et il emporte avec lui les composants aromatiques les plus volatils, c'est-à-dire la menthe, l'anis et tout ce qui fait la Chartreuse. Chauffée dans le chocolat, elle n'apporte plus que du sucre.
La seconde : le chocolat doit être amère, 70 % au moins. La Chartreuse est sucrée, franchement sucrée. Avec un chocolat au lait ou un chocolat en poudre, les deux sucres s'additionnent et l'ensemble devient écœurant en trois gorgées.
Le reste est un chocolat chaud fait correctement : chocolat haché au couteau, lait versé en trois fois, fouet à chaque ajout.








