Aux Antilles anglophones et en Jamaïque, le sorrel est à Noël ce que le vin chaud est à nos marchés. Le mot ne désigne pas l'oseille mais les calices séchés d'hibiscus, ceux-là mêmes qu'on trouve en France sous le nom de bissap ou de karkadé. On les infuse avec du gingembre, de la cannelle et du girofle, on sucre, on rhume, et on laisse reposer quelques jours.
C'est une boisson très acide : l'hibiscus se situe autour de pH 2,5, en dessous du citron. Elle porte donc beaucoup de sucre, et elle a besoin d'un rhum qui ait du corps pour ne pas ressembler à une tisane alcoolisée.
Son unique difficulté tient à l'infusion. Les calices libèrent leur couleur et leur fruit en quelques minutes, puis leurs tanins, qui assèchent la bouche et donnent ce goût de thé trop tiré. La fenêtre est courte, et elle est expliquée plus bas.







