Le Manhattan est le cocktail sur lequel les versions sans alcool échouent le plus souvent, parce qu'il n'a nulle part où se cacher : pas de jus, pas de bulles, pas de sucre pour masquer. Deux tiers de whisky de seigle, un tiers de vermouth rouge, deux traits d'amer, et c'est tout.
Le whisky se remplace à peu près, par un thé noir infusé fort qui apporte le tanin et la note boisée. Le vermouth est plus difficile : c'est un vin muté, aromatisé à l'armoise et à une vingtaine de plantes, avec du sucre et une amère végétale. Les substituts vendus tout faits sont rares et coûteux. La solution que je donne ici est un vermouth de fortune : du jus de raisin réduit avec une infusion de thé, une lampée de gentiane amère et un zeste d'orange. Ce n'est pas un vermouth, mais dans ce verre-là cela tient debout.







