Le boudin créole ouvre tous les repas antillais, et il se rate d'une seule façon : on le fait bouillir. La peau se fend, la farce s'échappe dans l'eau, et il ne reste qu'un boyau vide et une casserole trouble.
Comme le boudin noir, il arrive de chez le charcutier déjà cuit. Il n'y a donc rien à cuire : on le remet simplement en température. Or à l'intérieur du boyau se trouvent de la graisse, de l'eau et de petites poches d'air. En chauffant, tout cela se dilate, et la graisse fondue se met à bouillonner contre une enveloppe qui, elle, ne s'étire pas.
La bonne température est 80 °C, ce qu'on appelle un frémissement à peine visible : quelques bulles au fond, jamais à la surface. À cette température l'eau ne s'agite pas, la dilatation est lente et régulière, et le boyau tient. Dix minutes suffisent pour un boudin à cœur.
Si vous le voulez grillé, c'est possible, mais après : on le réchauffe d'abord à l'eau, puis on le passe deux minutes à la poêle ou sur le barbecue, juste pour colorer la peau.







