Tout le monde épépine ses piments en croyant baisser le feu, et tout le monde constate que ça ne change pas grand-chose. C'est normal : ce ne sont pas les graines qui piquent.
La capsaïcine, la molécule responsable de la brûlure, est synthétisée par des glandes situées sur le placenta : la membrane blanche spongieuse qui court le long de l'intérieur du piment et à laquelle les graines sont attachées. C'est là que se concentre l'essentiel du piquant, et de loin. Les pépins, eux, n'en produisent pas une molécule : ils s'en imprègnent simplement par contact.
Le geste utile est donc de racler la membrane blanche à la pointe d'un couteau, en gardant ou non les graines, cela n'a presque aucune importance. C'est le seul curseur fiable, et il permet de faire la même harissa douce ou incendiaire avec exactement les mêmes piments.
Le reste tient en deux choses : des piments secs réhydratés à l'eau chaude pendant trente minutes, et des épices entières torréfiées à sec avant d'être broyées. Les deux libèrent des arômes que la poudre du commerce n'a plus depuis longtemps.







