Café

Excelsa

Coffea dewevrei De Wild. & T.Durand

Caféier des forêts d'Afrique centrale, l'excelsa a un rang encore discuté : espèce à part entière ou variété du liberica.

Rang botanique
discuté, espèce ou variété du liberica
Aire sauvage
Afrique centrale
Altitude moyenne à l'état sauvage
653 m
Altitude en culture
500 à 1 200 m
Fleurs
le plus souvent à cinq lobes
Autres noms
café excelsa, Coffea excelsa A.Chev., Coffea liberica var. dewevrei (De Wild. & T.Durand) Lebrun, Coffea dewevrei var. excelsa (A.Chev.) A.Chev., Coffea dybowskii Pierre ex De Wild., Coffea arnoldiana De Wild., Coffea aruwimiensis De Wild., Shari coffee

Origine et botanique

L'excelsa est un caféier d'Afrique centrale. Son rang botanique n'est pas tranché, et les textes ne disent pas la même chose.

Le référentiel botanique mondial, dans sa version de 2026, l'accepte comme une espèce, Coffea dewevrei. Il range Coffea excelsa et Coffea liberica var. dewevrei parmi ses synonymes. En 2006, un classement du genre l'avait pourtant rangé dans le liberica. Coffea dewevrei, Coffea dybowskii et Coffea excelsa n'étaient plus que des synonymes de Coffea liberica var. dewevrei. En 2025, une étude génomique sépare de nouveau le liberica en trois espèces, dont C. dewevrei, l'excelsa. La norme internationale du vocabulaire du café, de 2005, suit encore un autre découpage. Elle définit le café excelsa comme celui de Coffea dewevrei variété excelsa.

Un texte officiel indonésien de 2022 le désigne comme Coffea liberica var. dewevrei. Le nom même prête à confusion. Il ne devrait désigner que cette plante, mais on l'a aussi donné, à tort, à des formes du liberica. À Tungkal Jambi, en Indonésie, un café enregistré comme liberica est ainsi appelé kopi excelsa par les habitants.

Comparé au liberica, l'excelsa a des feuilles plus longues et plus larges. Il porte plus de fleurs, donc plus de fruits, à chaque nœud. Ses fleurs ont le plus souvent cinq lobes, contre six à neuf chez le liberica. Ses fruits sont plus petits, avec une pulpe et une parche plus minces. Ses grains, plus petits, ressemblent par la taille et la forme à ceux de l'arabica.

Où il pousse

À l'état sauvage, l'excelsa vit en Afrique centrale : République du Congo, Cameroun, République démocratique du Congo, Centrafrique, Soudan du Sud et Ouganda. Il pousse à moyenne altitude, vers 653 m en moyenne. On le trouve souvent dans les forêts riveraines et les galeries forestières, au milieu des savanes boisées. Les observations de terrain suggèrent une tolérance notable à la sécheresse.

En Ouganda, on le trouve surtout dans les forêts de Semuliki et de Zoka. Zoka abrite ses populations les plus au nord du pays. À l'échelle de l'Ouganda, une première évaluation le classe en danger.

En culture, on le plante surtout entre 500 et 1 200 m, sous des climats plus frais que ceux du liberica. C'est le cas en Guinée, au Soudan du Sud et en Ouganda. Le liberica et l'excelsa sont rarement cultivés ensemble.

Son histoire

Le nom Coffea dewevrei est publié en 1899, celui de Coffea excelsa en 1903. Le nom Coffea liberica var. dewevrei date de 1941.

Comme le liberica, l'excelsa est entré tard en agriculture, il y a moins de 200 ans. La cueillette sauvage et l'usage local pourraient pourtant remonter à des siècles, voire des millénaires. L'un et l'autre restent au mieux peu domestiqués.

Aujourd'hui, l'excelsa attire l'attention en Ouganda, au Soudan du Sud et en Guinée. Il y donne des récoltes rentables sous des chaleurs plus fortes et des saisons sèches plus longues que le robusta. En Ouganda, il a remplacé le robusta dans certaines zones, sans doute à cause du changement climatique. Sa production augmente aussi en Inde, au Viêt Nam et en Indonésie. Comparé au liberica, il donne plus de fruits par arbre et plus de café vert pour un même poids de fruits frais.

En culture, il se croise facilement avec le liberica, et leurs descendants sont fertiles. En 2026, des chercheurs ont proposé le nom de Coffea × libex pour cet hybride.

La norme internationale du vocabulaire du café précise que son volume dans le commerce international est insignifiant. La production mondiale de liberica et d'excelsa réunis est sans doute inférieure à 1 000 tonnes. En Indonésie, une indication géographique protège le Kopi Excelsa Jombang, dans l'est de Java. Ce café vient de caféiers excelsa plantés entre 300 et 900 m d'altitude.

Dans la tasse

L'excelsa et le liberica ont des profils de goût bien distincts. Dans l'excelsa, on relève souvent des arômes de jacquier. Pour des dégustateurs, son arôme se rapproche du fruité de l'arabica plus que du robusta.

Dans une étude, des excelsas de Wonosalam, dans l'est de Java, issus de quatre méthodes de traitement ont obtenu de 82,33 à 83,83 points en dégustation. Au-dessus de 80, on parle de très bon café.

Le texte de l'indication géographique Kopi Excelsa Jombang décrit une tasse sans défaut majeur. L'acidité est nette, moyenne à élevée. L'amertume est faible ou absente. L'arôme est intense, avec des notes de chocolat, de jacquier ou de cempedak, d'épices, de caramel et de céréales.

Les terroirs protégés qui le citent (2)

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