Café

Liberica

Coffea liberica W.Bull

Grand caféier d'Afrique de l'Ouest aux gros grains en crochet, le liberica fut le premier recours contre la rouille du caféier vers 1875.

Aujourd’hui
Espèce
Famille
Rubiacées
Hauteur
jusqu'à 20 m
Grain
asymétrique, en crochet, environ 12 mm
Aire sauvage
haute Afrique de l'Ouest
Altitude en culture
10 à 500 m
Autres noms
caféier du Liberia, café liberica, kapeng barako, Coffea abeokutae Cramer, Coffea oyemensis A.Chev., Coffea excelsoidea Portères ex A.Chev.

Origine et botanique

Le liberica est un caféier de la famille des Rubiacées. Son nom accepté est Coffea liberica W.Bull, publié en 1874. La norme internationale du vocabulaire du café l'écrit Coffea liberica Hiern. L'auteur du nom diffère donc d'un texte à l'autre.

C'est un très grand arbre, qui peut atteindre 20 m. On le récolte à l'échelle. Ses cerises, ses grains et ses feuilles comptent parmi les plus grands des caféiers. Son grain est unique parmi les espèces commerciales. Il est asymétrique, avec un côté plus court que l'autre, ce qui forme un crochet à la pointe. Son sillon central est plus irrégulier. Des grains mesurés en Malaisie atteignaient environ 12 mm. Cent grains y pesaient de 23,2 à 25,7 g, près du double de cent grains d'arabica.

Sa classification bouge. Longtemps, on a divisé le liberica en deux variétés, liberica et dewevrei. La seconde est le café excelsa. En 2025, une étude génomique le sépare en trois espèces : C. liberica, C. dewevrei, l'excelsa, et C. klainei. Le rang de l'excelsa reste discuté.

Le liberica et l'excelsa se croisent facilement en culture, et leurs descendants sont fertiles. Le mélange est très marqué dans des caféiers cultivés du Sarawak, en Malaisie. En 2026, des chercheurs ont proposé le nom de Coffea × libex pour cet hybride.

Où il pousse

Au sens strict, le liberica sauvage vit en haute Afrique de l'Ouest : Sierra Leone, Liberia, Côte d'Ivoire, Ghana et Nigeria. Il pousse surtout à basse altitude, vers 386 m en moyenne. Des descriptions plus larges lui donnent une aire allant du Liberia à l'Ouganda et à l'Angola.

Dans la nature, son aire est petite et morcelée. Son aire d'occupation est estimée à 52 km². Il pourrait mériter d'être reclassé parmi les espèces menacées.

Il s'est naturalisé en Colombie, au Venezuela, aux Philippines, à Sumatra, à Bornéo et à Java. En culture, on le plante surtout en basse altitude, de 10 à 500 m, sous des climats chauds et humides. C'est le cas dans les plaines de Malaisie, des Philippines et d'Indonésie. En Malaisie, le Johor est un grand centre de production. Aux Philippines, les provinces de Batangas et de Cavite sont les principales productrices.

En Indonésie, à Jambi sur Sumatra et dans l'ouest de Kalimantan, on le plante de plus en plus sur des tourbières. Il y pousse là où l'arabica et le robusta échouent d'ordinaire. La tourbe doit pourtant rester drainée.

Son histoire

À la fin du XIXe siècle, les exportations de café du Liberia augmentent nettement. Aux États-Unis, la demande pour le café du Liberia grimpe après l'Exposition du centenaire, en 1876. Il est alors le deuxième café du commerce, aux côtés de l'arabica.

La rouille du caféier ravage alors les plantations d'arabica. Le liberica sert d'abord de remplaçant, vers 1875 à 1900. Il arrive en Asie du Sud-Est à la fin du XIXe siècle. En Indonésie, on le plante à la place des arabicas tués par la maladie. Aux Philippines, la ville de Lipa en est le premier producteur dans les années 1880. La rouille y détruit ensuite presque tous les plants. Le robusta prend le relais au début du XXe siècle.

Le liberica est entré tard en agriculture, il y a moins de 200 ans. On lit souvent que le liberica, excelsa compris, fournit 1 à 2 % du café mondial. Ces chiffres datent de la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, la production mondiale de liberica et d'excelsa réunis est sans doute inférieure à 1 000 tonnes. Elle repart pourtant, en Ouganda, au Soudan du Sud, en Inde, au Viêt Nam, en Malaisie, aux Philippines, en Indonésie et jusque dans le Pacifique. En Asie du Sud-Est, sa consommation connaît un renouveau, surtout en Malaisie, en Indonésie et aux Fidji.

La norme internationale du vocabulaire du café définit le café liberica comme le café de l'espèce Coffea liberica. Elle précise que son volume dans le commerce international est insignifiant. En Indonésie, trois indications géographiques protègent des cafés liberica, à Tungkal Jambi, Rangsang Meranti et Kayong Utara. À Tungkal Jambi, sur Sumatra, on le cultive depuis environ 70 ans sur des sols de tourbe très acides. Le dossier de l'indication souligne que ses fruits sont plus gros que ceux de l'arabica et du robusta. Sur place, on l'appelle pourtant kopi excelsa. À Kayong Utara, dans l'ouest de Kalimantan, on cultive une variété locale, la Liberikayong.

Dans la tasse

Le liberica a un profil à part, différent de l'arabica et du robusta. On y trouve des arômes fruités qui rappellent le jacquier, une acidité moyenne et un corps assez plein.

La torréfaction change beaucoup la tasse. Claire à moyenne, elle met en avant le jacquier et le fruit. Moyenne, elle fait ressortir le caramel et le chocolat. Plus poussée, elle ajoute de l'amertume et de l'astringence, et masque une partie du fruit.

Les terroirs protégés qui le citent (3)

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