D'où vient le Dry January, et pourquoi parle-t-on en France de « Défi de Janvier » ? Trois questions reviennent chaque année sur ce mois sans alcool, et elles ont rarement une réponse claire en français. D'où vient l'idée ? Pourquoi lit-on qu'elle serait interdite en France ? Et comment s'appelle-t-elle vraiment chez nous ?
La réponse du caviste
Le Dry January est une campagne britannique. Elle est née d'une initiative personnelle en 2011 et a été lancée officiellement en 2013, avec 4 000 participants la première année. Il n'a jamais été interdit en France. Le nom est une marque déposée, d'où l'intitulé « Défi de Janvier », une campagne associative lancée en janvier 2020.
Une coureuse anglaise, en janvier 2011
L'origine est modeste. En janvier 2011, une Anglaise, Emily Robinson, arrête de boire pendant un mois. Elle prépare son premier semi-marathon. Elle dort mieux, elle perd du poids, elle se sent plus en forme.
Elle rejoint en 2012 l'association britannique aujourd'hui appelée Alcohol Change UK. Elle raconte son expérience autour d'elle. L'idée plaît, et l'association décide de la transformer en campagne.
2013 : une campagne officielle
En 2013, l'association lance le premier Dry January officiel. Il réunit 4 000 participants la première année. Le principe est resté le même depuis : un mois de janvier sans alcool, juste après les fêtes, sur la base du volontariat.
Ce n'est donc ni une loi, ni une interdiction, ni une invention de marque d'alcool. C'est une campagne associative de santé, devenue un rendez-vous dans plusieurs pays.
Non, le Dry January n'est pas interdit en France
On lit parfois le contraire. Deux faits se sont superposés.
D'abord, « Dry January » est une marque déposée par Alcohol Change UK. C'est pourquoi on emploie en France un autre intitulé. Ensuite, quand des associations de santé lancent le Défi de Janvier en janvier 2020, la campagne ne reçoit pas le soutien de l'État.
Pas d'interdiction, donc. Une campagne associative sans parrainage public, sous un nom français.
Janvier ou février ?
Janvier, pour la seule raison qui compte : c'est le mois où l'envie de faire une pause est la plus forte, juste après les fêtes. Février marche aussi bien, et il est plus court. C'est un bon rattrapage si janvier a échoué.
Ce qui manque dans un verre sans alcool
Reste la question qu'on nous pose au comptoir, la seule sur laquelle un caviste a quelque chose à dire : que servir pendant ce mois-là ? Pas un jus d'orange.
L'alcool fait trois choses dans un verre. Il porte les arômes, il apporte du corps, il laisse une chaleur en fin de bouche. Retirez-le, et il reste un jus. C'est pourquoi les mocktails de carte sont si souvent sucrés : le sucre est le seul substitut facile, et il est mauvais.
Les vrais remplacements sont au nombre de trois. L'amertume d'abord, qui occupe la fin de bouche là où se tenait l'alcool : gentiane, écorce d'orange amère, quinquina, genièvre. Le tanin ensuite, qu'apporte un thé noir infusé serré et qui donne l'impression d'une boisson d'adulte. Le sel enfin, une pincée et pas plus, qui adoucit l'amertume agressive et allonge tout le reste.
Deux fausses pistes à éviter : le piment, qui masque au lieu de construire, et la fumée liquide, qui lasse dès le deuxième verre. Et si vous tenez le mois mais vous ennuyez, changez d'amer plutôt que d'ajouter du sucre. Alternez gentiane, orange amère et gingembre d'un soir sur l'autre. C'est l'ennui qui fait craquer, pas l'envie d'alcool.
Le verre à essayer
Dans un verre à vin ballon refroidi et rempli de gros glaçons, versez 6 cl de spiritueux sans alcool amer, puis allongez de 10 cl de tonic amer, le long de la cuillère pour garder les bulles. Pressez un quart d'orange au-dessus et laissez-le tomber dedans. Un seul tour de cuillère, et une pincée de sel si le verre paraît court. Trop amer pour commencer ? Passez à 4 cl d'amer pour 12 cl de tonic les premiers jours : l'amertume s'apprivoise vite.
À la cave
- Spiritueux sans alcool Spritz, Nona : orange amère, gentiane et herbes aromatiques au nez, une bouche vive d'écorces d'agrumes et de plantes amères. C'est la base du verre ci-dessus.
- Tonic Archibald L'Original 20 cl : une belle amertume, des agrumes et des notes végétales, en petit format. Un tonic ouvert perd son gaz en vingt-quatre heures.
- Tonic Archibald N°2 Gentiane et Gingembre 50 cl : gingembre frais et gentiane au nez, pour changer d'amer d'un soir sur l'autre.
- Jus de raisin sans alcool, Domaine de Grange Neuve : raisin frais, poire et pêche blanche, une bouche soyeuse et vive. Le grain d'un raisin mûr plutôt que le sucre d'un nectar.
Un spiritueux sans alcool ouvert se garde comme un jus, pas comme un alcool : au réfrigérateur, et à boire dans les semaines qui suivent. Sans degré, rien ne le protège. Le verre monté ne se prépare pas à l'avance, mais les quarts d'orange peuvent être découpés le matin et gardés au frais.
Questions fréquentes
Le Dry January est-il interdit en France ?
Non, il ne l'a jamais été. « Dry January » est une marque déposée par l'association britannique Alcohol Change UK, d'où un autre nom en France. Et le Défi de Janvier lancé en 2020 par des associations n'a pas reçu le soutien de l'État.
Qui a inventé le Dry January ?
Emily Robinson, en janvier 2011, à titre personnel : elle arrête de boire un mois pour préparer un semi-marathon. L'association qu'elle rejoint ensuite en fait une campagne officielle en 2013, avec 4 000 participants.
Un spiritueux sans alcool contient-il vraiment zéro alcool ?
Pas forcément. Beaucoup de boissons étiquetées sans alcool peuvent contenir jusqu'à 0,5 % vol. La loi française classe d'ailleurs parmi les boissons sans alcool tout ce qui ne dépasse pas 1,2 degré. Si l'objectif est le zéro strict, pour une grossesse ou un traitement, lisez l'étiquette.
Pourquoi les mocktails sont-ils souvent trop sucrés ?
Parce que le sucre est le substitut le plus facile à l'alcool. Il ne remplace pourtant ni le corps ni la longueur. L'amertume, le tanin et une pincée de sel font bien mieux.
Pour la pratique, lisez quoi boire pendant le Dry January, notre guide des boissons sans alcool ou nos recettes de mocktails. Les bouteilles du mois sont dans nos caves de Creysse et de Sainte-Foy-la-Grande.











