Le Bennett est un gin sour construit sur le citron vert plutôt que sur le citron jaune, avec deux traits d'amer aromatique. Il figure dans les carnets de bar des années 1930 et il est resté dans l'ombre du Gimlet, ce qui est injuste.
La différence tient à ces deux traits. Sans eux, on obtient un verre franc mais un peu court : gin, acide, sucre, point. L'amer aromatique apporte la girofle, la cannelle et la gentiane qui rallongent la finale et donnent au verre une épaisseur qu'il n'a pas autrement. C'est le même mécanisme que la pincée de sel en cuisine.
L'autre point est le citron vert, qui doit être pressé à la minute. Un jus de citron vert du commerce est cuit et l'amère du zeste manque : c'est le défaut le plus visible sur ce verre, parce qu'il n'y a rien pour le masquer.
Un gin propre, un citron vert frais, un sirop bien dosé. Trois minutes, et c'est un excellent verre d'apéritif.







