Tout le monde associe le julep au bourbon et au Kentucky Derby. C'est un accident historique récent. Au début du XIXe siècle, le julep de la bonne société américaine se faisait au cognac, souvent avec un trait de rhum par-dessus, et le whisky était la version du pauvre.
Ce qui a tout changé, c'est le phylloxéra. À partir des années 1870, le puceron détruit le vignoble français, la production de cognac s'effondre et les exportations vers les États-Unis se tarissent pendant une génération. Les bars américains se rabattent sur ce qu'ils ont sous la main, le whisky de maïs et de seigle, et l'habitude est prise pour de bon.
Le julep au cognac n'est donc pas une fantaisie moderne : c'est la recette d'origine. Et il est meilleur, parce que le fruit du cognac répond à la menthe là où le bourbon lui oppose la vanille et le maïs.
Le reste est affaire de glace et de patience : le verre doit givrer.







