La sauge officinale a une particularité qui la distingue de la menthe, du basilic ou de la verveine : elle contient de la thuyone, une molécule très puissante au goût camphré et amer, la même que l'on trouve dans l'absinthe et dans l'armoise. C'est ce qui donne à la sauge son côté médicinal quand on force la dose.
Dans un verre, cela se traduit par un seuil très bas. Deux feuilles fraîches infusées dix minutes dans un sirop donnent une note boisée, légèrement poivrée, remarquable en apéritif d'automne. Trois feuilles, ou quinze minutes d'infusion, et l'on bascule dans le camphre. C'est une plante avec laquelle on ne s'ajuste pas au goût : on dose au départ, parce qu'il n'y a aucun moyen de revenir en arrière.







