Un bon burger maison ne tient ni à la sauce ni au pain : il tient au steak. Et le steak se joue en trois gestes, dont deux consistent à ne rien faire.
Le premier réflexe à perdre est celui de la spatule. Appuyer sur le steak produit un beau grésillement, et ce bruit est exactement celui du jus et de la graisse fondue qui s'échappent. Ils ne reviendront pas. Un steak pressé perd jusqu'à un tiers de son poids en jus : il finit sec, compact et gris, quelle que soit la qualité de la viande.
Le deuxième est celui du façonnage. Une viande hachée n'a plus de structure : c'est l'air entre les brins qui la rend tendre sous la dent. Rouler, tasser, malaxer revient à souder ces brins entre eux, et l'on obtient une boulette de pain de viande. On rassemble, on aplatit, on s'arrête.
Le troisième est le creux au centre. En cuisant, le collagène des bords se rétracte et fait bomber le steak en dôme : le milieu gonfle, le fromage glisse et le pain ne ferme plus. Un pouce enfoncé au centre du steak cru compense exactement ce bombement, et il ressort plat.







