La navette de Marseille se vend toute l'année au four du Vieux-Port et se mange surtout à la Chandeleur. Ceux qui la font chez eux sont souvent déçus : ils la trouvent dure. C'est qu'elle est faite pour l'être.
Une navette est un biscuit de conservation, dans la lignée des biscuits de marin. Toute sa recette va dans ce sens : très peu de beurre, pas de levure, pas de lait, et une cuisson longue à température modérée. Ce que l'on cherche au four n'est pas une coloration, c'est une déshydratation.
C'est un principe simple : les moisissures et les bactéries ont besoin d'eau libre. En descendant la teneur en eau du biscuit sous un certain seuil, on les prive de ce dont elles vivent. Une navette bien faite se garde plusieurs semaines, et certains disent des mois.
Le second point tient à la forme. La navette est une barque, pointue aux deux bouts, et elle porte une fente ouverte sur toute sa longueur. Cette fente n'est pas une décoration : il faut la creuser franchement, parce que la pâte gonfle un peu et la referme. Une navette dont la fente s'est refermée cuit moins bien à cœur.







