Les pieds et paquets sont un plat marseillais de tripes de mouton farcies et ficelées, mijotées très longtemps avec des pieds de mouton, du vin blanc et de la tomate. Le nom dit exactement ce qu'il y a dans la cassole, et il induit tout le monde en erreur sur le rôle du pied.
Un pied de mouton ne porte quasiment pas de muscle. Ce qu'il contient, c'est du collagène, en très grande quantité : peau, tendons, cartilages, gaines. Chauffé longtemps en milieu humide, ce collagène s'hydrolyse et se transforme en gélatine, qui passe dans le liquide de cuisson.
C'est cette gélatine qui donne à la sauce sa texture nappante, sa brillance et cette sensation de bouche collante et pleine. Retirez les pieds et vous obtenez des paquets corrects dans un jus de tomate quelconque. C'est l'ingrédient qu'on est tenté de supprimer parce qu'on ne le mange pas, et c'est celui qui fait le plat.
La conséquence pratique est simple : il faut du temps, beaucoup de temps. L'hydrolyse du collagène est lente et ne démarre vraiment qu'au-dessus de 70 °C. Sept à huit heures à frémissement, jamais à gros bouillons, qui feraient éclater les paquets.







