Un cocktail en bouteille n'est pas un cocktail versé dans une bouteille. Il lui manque quelque chose que le comptoir donnait sans qu'on y pense : l'eau. Un verre remué trente secondes au verre à mélange, ou secoué quinze secondes au shaker, gagne à peu près un quart de son volume en eau de fonte. Cette eau arrondit l'alcool, allonge la finale et rend le verre buvable. Une bouteille ne la fournit pas.
C'est donc la règle centrale de toute la méthode : l'eau s'ajoute au moment de la mise en bouteille, pas au service. On mesure le volume d'alcool, on ajoute environ un quart d'eau très froide, on goûte, et seulement ensuite on remplit.
La seconde question est celle de la garde, et elle se règle en regardant ce qu'on a mis dedans plutôt qu'en regardant le calendrier. Des alcools, des vins fortifiés, des liqueurs et de l'eau se tiennent longtemps au froid. Un jus d'agrume pressé tient l'après-midi. Des bulles ne tiennent pas du tout. Un œuf ou de la crème ne rentrent jamais dans une bouteille de batch.
La recette ci-dessous applique la méthode à un batch d'un litre autour d'une eau-de-vie de pomme, mais les proportions se transposent à n'importe quelle base. Pour une réception entière, notre estimateur de quantités calcule les bouteilles par type d'événement et par nombre de convives.






