Vieille Prune sour en coupe, mousse blanche et trait de bitters, sur un comptoir de marbre gris

Cocktail · Au shaker, à sec puis avec glace

Vieille Prune sour : notre signature, l'eau-de-vie donne le fruit sans le sucre

Une création de la maison pour l'automne. Une eau-de-vie de prune apporte tout le parfum du fruit et pas un gramme de son sucre : c'est l'inverse d'une liqueur, et ça change tout le dosage.

  • Préparation : 5 min
  • Verre : Coupe glacée
  • Glace : Au shaker seulement, servi sans glace
  • Au shaker, à sec puis avec glace
  • 1 verre
  • Intermédiaire

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Ustensiles

  • shaker
  • passoire fine
  • presse-agrumes
  • compte-gouttes

La méthode

Une eau-de-vie n'apporte pas de sucre, et c'est tout l'enjeu. La distillation ne laisse passer que les composés volatils : le parfum du fruit arrive intact, les sucres et les acides restent dans l'alambic. Un sour construit sur une liqueur de fruit demande donc qu'on baisse le sirop, celui-ci demande qu'on le garde entier.

Et on retient le citron. C'est contre-intuitif dans un sour, mais le parfum d'une eau-de-vie de prune est puissant et volatil à la fois : au-delà de 2 cl de citron, il disparaît derrière l'acidité en deux gorgées. Deux centilitres suffisent à tendre le verre sans l'effacer.

Le blanc d'œuf n'est pas là pour la mousse. Ou plutôt, pas seulement. Il arrondit la brûlure d'un alcool blanc non vieilli, et surtout il retient les arômes en surface : la mousse est ce qui vous met le nez dans la prune à chaque gorgée. Sur une eau-de-vie, c'est plus utile que sur n'importe quoi d'autre.

Deux shakers, dans cet ordre. D'abord quinze secondes à sec, sans glace : les protéines du blanc moussent bien mieux à température ambiante. Puis quinze secondes avec deux gros glaçons pour refroidir. Dans l'ordre inverse, on obtient une mousse maigre qui retombe.

Préparation pas à pas

  1. Glacer la coupe 10 min

    Coupe au congélateur pendant la préparation : le verre est servi sans glace.

  2. Shaker à sec 15 s

    Réunir eau-de-vie, citron, sirop et blanc d'œuf sans glace. Secouer quinze secondes, franchement : c'est ici que la mousse se fabrique.

  3. Shaker avec glace 15 s

    Ajouter deux gros glaçons et secouer quinze secondes de plus, pour refroidir sans trop diluer.

  4. Filtrer finement 30 s

    Verser à travers une passoire fine dans la coupe glacée. Laisser la mousse se stabiliser dix secondes avant de garnir.

  5. Les bitters 20 s

    Déposer trois gouttes de bitters sur la mousse et les étirer d'un coup de pique. Servir aussitôt.

Le conseil du caviste

J'ai construit ce verre autour de la Louis Roque La Vieille prune, qui est une bouteille de Souillac et l'une des plus belles eaux-de-vie que j'aie en rayon. Elle se vend à des gens qui la boivent droite et qui la connaissent depuis toujours ; ce sour est la seule façon que j'aie trouvée d'en faire goûter à une tablée plus jeune, et ça marche.

La méthode vaut pour toute la gamme. La Louis Roque Eau de Vie Mirabelle donne un sour plus floral et plus tendre, la Poire Williams un verre franchement parfumé qu'il faut alors servir plus court. Je n'ai qu'une bouteille de chacune, autant le dire.

Un point qui revient toujours en boutique : non, une eau-de-vie de fruit n'est pas sucrée, et ce n'est pas une liqueur. C'est un alcool blanc et sec qui ne porte que le parfum du fruit. C'est aussi pour ça qu'elle se garde des années une fois ouverte, là où une crème de fruits tourne en quelques mois.

Dépannage

On ne sent plus la prune

Trop de citron. Le parfum d'une eau-de-vie est puissant mais volatil : redescendre à 2 cl, et pas 3 comme dans un sour ordinaire.

La mousse est maigre et retombe

La glace a été mise dès le premier shaker. Les protéines du blanc moussent bien mieux à température ambiante : quinze secondes à sec d'abord.

Ça brûle en finale

C'est un alcool blanc non vieilli. Le blanc d'œuf arrondit déjà beaucoup ; si ça reste marqué, descendre à 3,5 cl d'eau-de-vie.

C'est plat et sucré

Vous avez baissé le sirop en croyant l'eau-de-vie sucrée. Elle ne l'est pas du tout : le sirop reste à 1,5 cl.

Variantes

Sans œuf

Deux centilitres d'aquafaba, l'eau d'une boîte de pois chiches, moussent presque aussi bien. Même double shaker.

Version longue

Le même verre allongé de 6 cl d'eau gazeuse, en verre haut. C'est un fizz, et il passe mieux à l'apéritif qu'après le repas.

À la mirabelle

Mêmes proportions avec l'eau-de-vie de mirabelle, plus florale. Un zeste de citron tordu au-dessus remplace alors les bitters.

À l'épice

Une pincée de cannelle dans le sirop. La prune et la cannelle sont un accord d'automne évident, et il tient très bien ici.

Questions fréquentes

Une eau-de-vie de fruit est-elle sucrée ?

Non, pas du tout. La distillation ne laisse passer que les composés volatils : le parfum du fruit arrive intact, les sucres restent dans l'alambic. C'est l'inverse d'une liqueur ou d'une crème de fruits.

Pourquoi mettre moins de citron que dans un sour classique ?

Parce que le parfum d'une eau-de-vie est puissant mais volatil. Au-delà de 2 cl de citron, l'acidité le recouvre et il ne reste qu'un sour anonyme.

Faut-il vraiment secouer deux fois ?

Oui. Les protéines du blanc d'œuf moussent bien mieux à température ambiante : quinze secondes à sec, puis quinze secondes avec la glace. L'ordre inverse donne une mousse qui retombe.

Combien de temps se garde une eau-de-vie ouverte ?

Des années, à l'abri de la lumière. Son degré et l'absence de sucre la protègent, là où une crème de fruits tourne en quelques mois.

Ce verre n'est pas un classique, c'est une création de la maison, et il est né d'un constat de comptoir. La Vieille Prune de Souillac est un monument du Sud-Ouest, et elle se vend à des gens qui la boivent droite, en digestif, comme leur père la buvait. Presque personne de moins de cinquante ans n'y touche.

Or une eau-de-vie de fruit a une particularité que peu de gens perçoivent : elle porte tout le parfum du fruit et absolument aucun de son sucre. La distillation ne laisse passer ni les sucres ni les acides, seulement les composés volatils. C'est l'exact contraire d'une liqueur de prune ou d'un liquoreux, qui sucrent avant de parfumer.

Dans un sour, cette nature change les proportions. Là où un sour à la liqueur demande de couper le sucre, celui-ci demande de le garder entier, et de retenir le citron : le parfum de prune est puissant mais fragile, et trop d'acide l'efface en deux gorgées.

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