Le flip est antérieur au sour, au fizz et à peu près à tout ce qui se boit aujourd'hui : on en trouve trace au dix-septième siècle, quand on chauffait la bière et l'alcool avec un œuf et un fer rougi. La version moderne est froide, courte, et se boit après le repas les mois où il fait nuit à dix-huit heures.
Ce qui le distingue de tout le reste, c'est l'œuf entier. Un sour n'utilise que le blanc, pour la mousse. Un flip prend aussi le jaune, et ce n'est pas un excès de gourmandise : la lécithine du jaune est un émulsifiant puissant. Elle lie l'alcool et l'eau, donne au verre une texture de crème anglaise légère, et arrondit la brûlure du rhum bien mieux qu'un sirop ne le ferait.
Deux gestes décident du résultat, et ils sont expliqués plus bas. Aucun ne demande de matériel particulier.







