Le Martini sec d'aujourd'hui contient six parts de gin pour une de vermouth, parfois moins. Ce n'est pas une tradition, c'est une dérive du XXe siècle : dans les manuels de bar d'avant 1900, le Martini se fait à parts égales, et parfois avec davantage de vermouth que de gin.
Le Fifty-Fifty est cette version-là. Il n'est pas moins bon, il est autre chose. Le gin seul, très froid, est une ligne droite : genièvre, agrume, alcool. Le vermouth ajoute des plantes, du fruit, une amertume douce et une acidité vineuse, et il ouvre le verre en largeur. On goûte davantage de choses, et le degré tombe d'un tiers.
La contrepartie est simple : votre vermouth doit être bon et surtout frais. Sur un Martini à six pour un, une bouteille médiocre passe inaperçue. Ici, elle est la moitié du verre.
C'est aussi pour cela que ce cocktail est le meilleur test qui soit d'une bouteille de vermouth.







