Le Nikolaschka est né à Hambourg dans les années 1950, et il n'entre dans aucune famille du bar : rien n'est mélangé, rien n'est secoué. On sert un cognac dans un petit ballon, on pose sur le bord du verre une rondelle de citron sur laquelle on dépose du sucre d'un côté et du café moulu de l'autre, et on donne le tout au buveur.
La consigne est de plier la rondelle en deux, de la mettre en bouche, de la mâcher, puis de boire le cognac par-dessus. Tout se passe donc en bouche, et non dans le verre. Le citron acidifie, le sucre adoucit, le café apporte l'amer et la torréfaction, et l'eau-de-vie arrive là-dessus. C'est un cocktail dont le shaker est le palais du buveur.
Cela paraît anecdotique, mais l'effet est réel : le même cognac bu seul et bu ainsi n'a pas le même goût du tout. C'est une façon très efficace de faire découvrir une eau-de-vie à quelqu'un qui la trouve trop dure.
Le café doit être moulu fin et fraîchement, sinon il reste en grains sous la dent et devient désagréable.







