Le Picador figure dans le Café Royal Cocktail Book, publié à Londres en 1937 par William Tarling. Sa recette : tequila, Cointreau, jus de citron vert, en proportions 2-1-1, secoués et servis en coupe. C'est exactement la formule de la Margarita, dont la première mention imprimée sous ce nom date de 1953 dans la revue Esquire. Personne ne sait si les barmen mexicains ou californiens des années 1940 avaient lu Tarling, mais le fait est là : la Margarita existe sur papier depuis 1937, sous un nom de corrida.
La différence avec la Margarita telle qu'on la sert aujourd'hui tient à deux détails. Pas de bord de sel, qui est venu plus tard. Et le service en coupe, sec, sans glace, qui était la norme de l'époque pour tous les cocktails courts. Le Picador est donc une Margarita plus froide, plus nette, plus élégante, et un peu plus forte puisqu'elle ne se dilue pas.
La liqueur d'orange doit être sèche, de type triple sec ou curaçao sec. Une liqueur d'orange douce et sucrée déséquilibre le 2-1-1.
Faire un Picador plutôt qu'une Margarita, c'est servir la même chose avec un peu d'histoire, et sans le sel.







