Ají de gallina péruvien, poulet effiloché dans une sauce crémeuse jaune au piment sur des rondelles de pomme de terre, demi-œuf dur et olives, riz, verre de vin blanc

Plat principal

Ají de gallina, le poulet à la crème de piment jaune du Pérou : effiloché après pochage, dans une sauce liée au pain trempé dans le lait, aux noix et au parmesan

L'ají de gallina est le plat de dimanche de Lima : du poulet poché puis effiloché à la main, nappé d'une sauce jaune et crémeuse faite de piment ají amarillo, d'oignon, d'ail, de pain trempé dans le lait, de noix et de parmesan, mouillée du bouillon de pochage. La sauce n'a ni crème ni roux : c'est la mie de pain qui la lie, les noix qui la rendent veloutée, le fromage qui la sale. Elle se sert sur des pommes de terre bouillies, avec du riz, un demi-œuf dur et des olives noires. Le piment jaune est fruité, à peine fort : c'est un parfum, pas une brûlure.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 45 min
  • Repos : Aucun
  • Économique
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN MIXEUR (L'OUTIL DU PLAT : le pain au lait, le piment, les noix)
  • une casserole (pocher le poulet)
  • une sauteuse large (la sauce, dix minutes de frémissement)
  • deux fourchettes, ou les mains (effilocher)
  • une louche (le bouillon pour délayer)
  • des assiettes plates (pommes de terre, sauce, riz, œuf, olives)

L'astuce du chef

Le piment de poule : les poules de réforme, pochées puis effilochées. La sauce est restée quand le poulet a remplacé la poule.

Une sauce liée au pain, héritée de l'Espagne médiévale. Mariée au piment des Andes.

Le poulet poché vingt-cinq minutes, tiédi dans son bouillon. Le bouillon est gardé.

Effiloché à la main, en brins, jamais au couteau. La chair garde ses fibres et boit la sauce.

Le pain de mie trempé dans le lait, mixé en bouillie. C'est la liaison : ni farine, ni crème.

Elle épaissit sans alourdir. La texture soyeuse qui fait le plat.

Oignon et ail fondus, la pâte d'ají amarillo deux minutes. Fruité, à peine fort.

La bouillie de pain, une louche de bouillon, dix minutes de frémissement. En remuant.

Les noix mixées pour le velouté, le parmesan pour le sel. Ils fondent dans la sauce.

Le poulet effiloché, cinq minutes, le temps qu'il boive. Bouillon si trop épais.

La sauce nappe, couleur jaune d'œuf ; le piment est un parfum, pas un feu. On goûte.

Sur des rondelles de pomme de terre, riz, demi-œuf dur, olives noires. Le dressage ne change pas.

Préparation pas à pas

  1. Pocher le poulet 25 min à frémissement avec oignon, carotte, sel ; tiédir dans le bouillon 35 min

    Garder le bouillon.

  2. Effilocher à la main, en brins 5 min

    Jamais au couteau.

  3. Tremper le pain dans le lait, mixer en bouillie ; mixer les noix avec un peu de lait 5 min

    Deux liaisons.

  4. Fondre oignon et ail dans l'huile, 5 min ; pâte d'ají, 2 min 7 min

    La sauce jaunit.

  5. Verser la bouillie de pain, une louche de bouillon ; frémir 10 min en remuant 10 min

    Elle épaissit et devient soyeuse.

  6. Noix mixées et parmesan ; le poulet effiloché, 5 min 5 min

    Il boit la sauce ; bouillon si trop épais.

  7. Pommes de terre bouillies en rondelles, 15 min ; œufs durs, riz 15 min

    Pendant la sauce.

  8. Dresser : rondelles, sauce dessus, riz, demi-œuf, olives 3 min

    Le dressage de Lima.

Le conseil du caviste

Une sauce crémeuse au piment jaune, fruitée et à peine forte, liée au pain, aux noix et au parmesan.

Le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 11 °C, ample et mûr.

Le Moulin Caresse Le Sémillon à 11 °C, rond.

Le Villa Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne à 8 °C pour plus de fraîcheur.

Le piment fruité aime le blanc mûr. Tous les piments ne se traitent pas pareil : le piment fort brûle et veut un vin qui panse, sucré et froid ; le piment doux et fruité, l'ají amarillo, le piment d'Espelette, le poivron, ne brûle pas, il parfume, avec des notes de fruit jaune et de miel. Celui-là ne veut pas de pansement, il veut un partenaire : un blanc mûr, au fruit jaune lui aussi, pêche et coing, qui prolonge son parfum. Sur l'ají de gallina, le poulet basquaise, la piperade, le blanc est ample et solaire, pas sucré.

À éviter : un vin doux, inutile sur un piment qui ne brûle pas, et un rouge tannique, sec sur la sauce au pain.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Ma sauce est pâteuse

Trop de pain ou pas assez de bouillon. Quatre tranches pour 600 g de poulet, et on délaie au bouillon jusqu'à ce qu'elle nappe.

Elle est fade

Pas assez d'ají ou de parmesan. Trois cuillères de pâte, 50 g de fromage, et le sel goûté à la fin.

Elle brûle la bouche

Piment trop fort ou pas épépiné. L'ají amarillo est doux ; à défaut, des piments jaunes doux épépinés, jamais du piment rouge fort.

Le poulet est sec

Poché trop fort ou effiloché au couteau. Petit frémissement, tiédi dans le bouillon, effiloché à la main.

La sauce est pâle

Pas assez d'ají. C'est lui qui fait le jaune ; une pointe de curcuma peut aider la couleur, pas le goût.

Elle a tranché

Bouillie trop fort après le fromage. Feu doux une fois le parmesan ajouté, et on ne rebout pas.

Conservation & préparation anticipée

L'ají de gallina se garde 3 jours au réfrigérateur et se réchauffe à feu doux avec une louche de bouillon : la sauce épaissit au froid.

Il est meilleur le lendemain, le poulet a fini de boire la sauce.

Il se congèle 2 mois, sans les pommes de terre ni les œufs.

Le poulet poché et effiloché se garde 2 jours dans son bouillon, avant la sauce.

Les restes font une garniture d'empanadas ou une tartine gratinée.

Variantes

Ají de gallina aux crevettes

Des crevettes pochées deux minutes à la place du poulet, bouillon de crevettes : la version du bord de mer.

Papa a la huancaína

La même sauce jaune, sans poulet et froide, sur des pommes de terre : l'entrée de toutes les tables péruviennes.

Le plat de bœuf de Lima

Notre lomo saltado.

L'autre sauce liée au pain

Notre gaspacho, la mie de pain comme liant.

Questions fréquentes

Pourquoi lier au pain ?

C'est l'héritage espagnol : la mie trempée dans le lait épaissit sans alourdir et donne la texture soyeuse, là où la farine ferait une béchamel et la crème une sauce lourde.

Qu'est-ce que l'ají amarillo ?

Le piment jaune du Pérou, fruité, à peine fort. En pâte, en épicerie latino ; à défaut, des piments jaunes doux frais, épépinés et mixés.

Pourquoi effilocher à la main ?

Pour garder les fibres de la chair, qui boivent la sauce. Coupé au couteau, le poulet reste en cubes qui ne s'imprègnent pas.

Faut-il des noix ?

Oui, mixées avec un peu de lait : elles donnent le velouté. À Lima on utilise des pécans ; les noix font aussi bien.

Comment le servir ?

Sur des rondelles de pomme de terre bouillie, avec du riz blanc, un demi-œuf dur et des olives noires. C'est le dressage de Lima.

Quel vin servir avec ?

Un blanc ample et mûr à 11 °C : le piment fruité aime le blanc mûr, et l'ají amarillo ne brûle pas, il parfume.

Le plat s'appelle « piment de poule » et il vient du temps où l'on cuisinait les poules de réforme, longues à attendrir, en les pochant puis en les effilochant pour les noyer dans une sauce. Aujourd'hui on prend un poulet, et la sauce est restée : elle est le plat, et elle descend des sauces liées au pain de l'Espagne médiévale, arrivées à Lima avec les vice-rois et mariées au piment des Andes.

Le poulet, deux blancs ou quatre cuisses, est poché vingt-cinq minutes dans de l'eau avec un oignon, une carotte, du sel, à petit frémissement ; on le laisse tiédir dans son bouillon, puis on l'effiloche à la main, en brins, jamais au couteau, pour que la chair garde ses fibres et boive la sauce. Le bouillon est gardé : il mouillera la sauce.

La sauce commence par le pain : quatre tranches de pain de mie sans croûte, trempées dans 25 cl de lait, puis mixées en une bouillie. C'est la liaison, et elle remplace la farine et la crème : elle épaissit sans alourdir et donne cette texture soyeuse qui fait l'ají de gallina. Dans une sauteuse, un oignon et deux gousses d'ail hachés fondent dans l'huile, puis trois cuillères de pâte d'ají amarillo (ou trois piments jaunes frais épépinés et mixés), deux minutes ; on verse la bouillie de pain, on délaie avec une louche de bouillon, on laisse frémir dix minutes en remuant. On ajoute alors une poignée de noix mixées avec un peu de lait, et 50 g de parmesan râpé, qui fondent dans la sauce et lui donnent le velouté et le sel ; puis le poulet effiloché, cinq minutes, le temps qu'il boive. On goûte : la sauce doit napper, avoir la couleur d'un jaune d'œuf, et le piment doit être un parfum fruité, pas un feu ; si elle est trop épaisse, une louche de bouillon.

On sert sur des pommes de terre bouillies en rondelles, qui reçoivent la sauce, avec du riz blanc à côté, un demi-œuf dur et deux olives noires sur chaque assiette : c'est le dressage de Lima, et il ne change pas.

Avant de partir

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