Bagna cauda piémontaise, sauce dorée à l'ail et aux anchois dans un caquelon de terre sur son réchaud, légumes crus autour

Entrée

Bagna cauda : l'ail se cuit d'abord dans le lait, sinon il reste piquant

L'ail cru contient une molécule piquante, l'allicine, qui ne se forme qu'une fois la gousse écrasée. Une cuisson douce dans le lait la détruit et laisse un ail sucré et fondant. C'est ce qui sépare une bagna cauda d'une sauce agressive.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 50 min
  • Repos : Aucun, elle se sert brûlante et se tient tiède sur son réchaud
  • Économique
  • 6 personnes
  • Facile
  • Automne et hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • un caquelon de terre cuite (le fojot piémontais : la terre garde la chaleur douce et régulière)
  • un réchaud à bougie (la sauce se tient tiède tout le repas, jamais sur une flamme vive)
  • une petite casserole (pour pocher l'ail dans le lait, à part)
  • une passoire fine (le lait de pochage se jette : il a fait son travail)
  • une cuillère en bois (on écrase l'ail dans l'huile plutôt que de le mixer)

L'astuce du chef

L'ail intact ne pique pas. Il contient de l'alliine, inodore ; c'est l'écrasement de la gousse qui libère une enzyme et la transforme en allicine, la molécule du piquant.

L'allicine est détruite par une chaleur douce. Trente minutes autour de 80 °C suffisent à la dégrader presque entièrement, sans jamais faire bouillir.

Ce qui reste, ce sont les sucres. L'ail poché devient doux, fondant, presque crémeux : c'est un ingrédient différent de l'ail cru.

Le lait fait deux choses de plus. Il tamponne l'acidité et adoucit le goût, et ses protéines fixent une partie des composés soufrés.

Donc le lait de pochage se jette. Il emporte précisément ce qu'on a voulu retirer : le remettre dans la sauce annulerait le travail.

Le germe part avant tout le reste. C'est la partie de la gousse la plus riche en composés soufrés et la plus difficile à digérer.

L'anchois fond, il ne frit pas. Au-dessus de 90 °C, ses protéines coagulent et il devient amer et granuleux au lieu de se dissoudre.

On écrase à la cuillère plutôt que de mixer. Une sauce mixée est une émulsion lisse et pâle ; la vraie bagna cauda garde du grain et des morceaux d'ail visibles.

Le beurre se met hors du feu. Il lie la sauce et arrondit le sel ; chauffé, il se sépare et fait des gouttes en surface.

La sauce se tient tiède, jamais brûlante. Sur une flamme vive, l'huile continue de cuire l'anchois pendant tout le repas et la sauce devient âcre.

Les légumes restent crus. C'est le contraste entre leur croquant froid et la sauce chaude qui fait le plat, comme dans une anchoïade.

Préparation pas à pas

  1. Dégermer les gousses une à une 10 min

    Coupées en deux, le germe vert retiré. C'est la partie la plus piquante et la plus indigeste de l'ail.

  2. POCHER L'AIL DANS LE LAIT, 30 MIN À FEU TRÈS DOUX 30 min

    À peine frémissant, autour de 80 °C. La chaleur douce détruit l'allicine, responsable du piquant, et le lait fixe les composés soufrés.

  3. Égoutter et JETER le lait 2 min

    Les gousses doivent s'écraser sous le doigt. Le lait part avec ce qu'on ne veut pas : il ne rentre jamais dans la sauce.

  4. Faire fondre les anchois dans l'huile tiède 10 min

    À feu très doux, en écrasant à la cuillère jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Jamais de friture : au-dessus de 90 °C, l'anchois devient amer.

  5. Ajouter l'ail poché et écraser 5 min

    À la cuillère de bois, directement dans l'huile. On écrase, on ne mixe pas : la sauce doit garder du grain.

  6. Laisser fondre 10 min à feu très doux 10 min

    Sans jamais bouillir. La sauce épaissit légèrement et prend une couleur ambrée.

  7. Monter au beurre HORS DU FEU 2 min

    En petits morceaux, en tournant. Il lie la sauce et arrondit le sel des anchois.

  8. Servir sur le réchaud, légumes crus autour 5 min

    La sauce reste tiède tout le repas, jamais brûlante. Cardons, céleri, fenouil, poivrons, coupés à la main.

Le conseil du caviste

La bagna cauda est très salée, très aillée, grasse et chaude. Elle demande un vin frais et vif, servi jeune.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C est l'accord le plus sûr : son acidité nettoie la bouche entre deux légumes.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C pour une sauce très anchoyée : ses notes végétales prolongent le céleri et le fenouil.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, servi frais, si vous préférez un rouge : au Piémont on boit rouge sur ce plat, mais il le faut souple.

C'est un plat qui dure : on trempe pendant une heure. Le vin doit rester désaltérant jusqu'au bout, donc plutôt vif que puissant.

À éviter : un rouge tannique. Le sel de l'anchois durcit les tanins et l'ensemble devient métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est violemment piquant

L'ail n'a pas été poché, ou pas assez. Trente minutes dans le lait à feu très doux détruisent l'allicine, la molécule responsable.

Ça reste sur l'estomac

Le germe n'a pas été retiré, ou le lait de pochage a été versé dans la sauce. Le germe est la partie la plus indigeste, et le lait emporte les composés soufrés.

La sauce est amère

L'huile a trop chauffé. L'anchois fond à feu très doux : au-dessus de 90 °C ses protéines coagulent et il devient amer.

La sauce est lisse et pâle

Elle a été mixée. On écrase l'ail à la cuillère de bois : la bagna cauda garde du grain et des morceaux visibles.

Le beurre fait des gouttes en surface

Il a été ajouté sur le feu. Hors du feu, en petits morceaux, en tournant.

C'est trop salé

Les anchois n'étaient pas égouttés, ou il y en avait trop. On ne sale jamais une bagna cauda, l'anchois s'en charge.

Conservation & préparation anticipée

La sauce se garde 5 jours au réfrigérateur dans un bocal, recouverte d'un doigt d'huile d'olive.

Elle se réchauffe au bain-marie, doucement : sur le feu direct, l'huile chauffe trop vite et l'anchois devient amer.

L'ail poché se garde 1 semaine à part, dans l'huile : c'est la moitié du travail faite d'avance.

Elle se congèle 3 mois en petites portions, et elle supporte très bien la décongélation.

Les légumes se taillent le jour même : coupés à l'avance, ils s'oxydent et perdent leur croquant.

Variantes

À la crème

Quelques cuillerées de crème dans la sauce finie, courante à Turin. Elle adoucit encore, au prix du caractère.

À la noix

Une poignée de cerneaux écrasés dans la sauce. Ils lient et apportent un fond doux qui va très bien avec l'ail poché.

La cousine provençale

Même anchois, même huile, mais froide et sans cuisson de l'ail : notre anchoïade.

L'autre sauce à l'ail

Où l'ail reste cru, et c'est assumé : notre aïoli complet.

Questions fréquentes

Pourquoi cuire l'ail dans le lait ?

Pour détruire l'allicine, la molécule piquante qui se forme quand la gousse est écrasée. Une cuisson douce autour de 80 °C la dégrade, et les protéines du lait fixent les composés soufrés.

Faut-il garder le lait de pochage ?

Non, il se jette. Il emporte exactement ce qu'on a voulu retirer de l'ail : le remettre dans la sauce annulerait le travail.

Pourquoi retirer le germe ?

C'est la partie de la gousse la plus riche en composés soufrés, donc la plus piquante et la plus difficile à digérer.

Pourquoi ma sauce est-elle amère ?

L'huile a dépassé 90 °C. L'anchois doit fondre à feu très doux : chauffé fort, ses protéines coagulent et il devient amer et granuleux.

Peut-on mixer une bagna cauda ?

On peut, mais ce n'est plus la même sauce. Mixée, elle devient lisse et pâle ; écrasée à la cuillère, elle garde du grain et des morceaux d'ail.

Quel vin servir avec une bagna cauda ?

Un bordeaux blanc sec à 10 °C. C'est un plat long et très salé : le vin doit rester vif et désaltérant du début à la fin.

La bagna cauda est la sauce chaude du Piémont : de l'ail, des anchois, de l'huile d'olive, tenue tiède sur un réchaud, dans laquelle on trempe des légumes crus tout un repas. Faite sans précaution, elle est brûlante d'ail et devient indigeste au bout de trois bouchées.

Le coupable a un nom. L'ail intact ne pique pas : il contient une molécule inodore, l'alliine. C'est l'écrasement de la gousse qui libère une enzyme et la transforme en allicine, le composé soufré responsable du piquant, de l'odeur tenace et de la lourdeur digestive.

Cette molécule est fragile et thermosensible. Une cuisson douce et prolongée, autour de 80 °C, la dégrade presque entièrement. Ce qui reste, ce sont les sucres de l'ail, qui deviennent doux et presque crémeux.

Le lait fait deux choses de plus. Il tamponne l'acidité et adoucit encore le goût, et ses protéines fixent une partie des composés soufrés, qui partent avec lui quand on l'égoutte. C'est pour cela que la recette piémontaise fait pocher l'ail dans du lait avant de le mettre à l'huile, et que ce lait, lui, se jette.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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