Le bibimbap veut dire « riz mélangé », et pourtant tout son intérêt vient de ce qu'on ne mélange pas tout de suite.
Servi dans un bol de pierre brûlant, le riz au contact de la paroi perd son eau et ses amidons caramélisent : il se forme une galette dorée et croustillante qu'on décolle à la cuillère au fur et à mesure. C'est le nurungji, et c'est la moitié du plaisir du plat.
La condition est un peu contre-intuitive : il faut laisser le bol tranquille trois minutes. Chaque coup de cuillère ramène du riz humide contre la pierre et remet le compteur à zéro.
À défaut de bol de pierre, une poêle en fonte huilée fait exactement le même travail. Ce qui compte, c'est la masse thermique et l'immobilité.
Second principe : les légumes se cuisent et s'assaisonnent un par un, séparément. C'est long, et c'est ce qui donne au bol ses couleurs et ses goûts distincts.







